AU-DELÀ DE LA DÉCLARATION : CHANGEMENTS ANTICONSTITUTIONNELS DE GOUVERNEMENT EN AFRIQUE

Du 25 au 28 mai 2022, les dirigeants africains se sont réunis à Malabo, en Guinée équatoriale, pour assister aux deux sommets extraordinaires organisés par l’Union africaine (UA). Il s’agit du Sommet humanitaire extraordinaire, de la Conférence des donateurs et du Sommet extraordinaire sur le terrorisme et les changements anticonstitutionnels de gouvernement en Afrique.  Ces sommets se sont tenus au centre de conférence de Sipopo. Les sommets se sont concentrés sur les défis humanitaires auxquels le continent est actuellement confronté, sur la fin de l’usurpation des gouvernements démocratiques et sur la menace du terrorisme en Afrique, respectivement.

Cependant, l’article se concentre sur l’accès à la vague d’interruption de la tendance des gouvernements démocratiques en Afrique sub-saharienne, ses impacts négatifs sur la croissance et le développement du continent et ce qui doit être fait dans le sens pratique.

Prévalence des changements anticonstitutionnels de gouvernement en Afrique (UCG) 

Les changements anticonstitutionnels de gouvernement sont définis comme toute tentative de coup d’État ou toute action délibérée visant à modifier ou à réviser la constitution à l’encontre des principes démocratiques. Récemment, l’Afrique a connu huit coups d’État militaires (réussis ou non) dans huit pays différents. Ces expériences pourraient expliquer pourquoi l’UA a été contrainte de faire des UCG l’un de ses sujets sacro-saints de délibération lors de ses récents sommets, afin de proposer des solutions aux effets néfastes d’un coup d’État militaire en Afrique, qui comprennent : l’instabilité politique, l’érosion des droits de l’homme fondamentaux et le ralentissement économique, qui sont capables de contrecarrer certaines des visions de l’UA inscrites dans son Agenda 2063.

Rétrospective : Retour sur l’histoire

Depuis 1960, l’Afrique a connu plus de 200 coups d’État militaires, en commençant par le Congo, le Togo, le Nigeria, l’Ouganda, le Burundi, le Ghana et d’autres séries de coups d’État militaires qui se sont répandus à travers l’Afrique pendant plus de trois décennies.

Les coups d’État en Afrique ont été perçus comme ayant disparu jusqu’à ce que l’année dernière nous entendions leur résurrection dans des pays tels que le Mali, le Burkina Faso, le Tchad, la Guinée et le Soudan, où les chefs militaires ont réussi à prendre le pouvoir, tandis que le Niger et la Guinée-Bissau ont connu un échec.

Aperçu : Remodeler le statut de l’Afrique

Les sommets extraordinaires de l’Union africaine constituent un effort opportun pour sauver l’avenir de l’Afrique. Toutefois, pour limiter les coups d’État en Afrique, il faut accorder plus d’attention aux déficits de gouvernance qui se traduisent par le non-respect des droits des citoyens, la frustration socio-économique et l’insécurité croissante. La démocratisation est le seul moyen d’instaurer des élections équitables, crédibles et transparentes, le respect des droits de l’homme fondamentaux et une société sans corruption.

Les coups d’État militaires ont toujours été justifiés par l’instabilité politique. Par conséquent, la réponse la plus durable aux coups d’État est de supprimer toutes les conditions défavorables à la stabilité politique pour que les principes démocratiques puissent prospérer.

Prospective : L’avenir

En effet, l’Afrique dispose de ressources adéquates pour se développer dans de nombreuses ramifications, à condition qu’elles soient bien gérées et qu’elle s’engage à respecter son programme 2063. L’UA doit être ferme pour tenter radicalement de mettre fin à toutes les formes d’UCG sur le continent. De même, l’inclination des dirigeants africains individuels dans leurs pays respectifs contribuera à façonner l’avenir du continent.

 

 

Soji Ojediran

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