ADEQUATE HOUSING

LE DROIT À UN LOGEMENT ADÉQUAT: EXPULSIONS FORCÉES AU BENIN

Le Logement adéquat est un droit de l’homme. Depuis que Patrice Talon est devenu président en 2016, le Bénin a connu une forte augmentation du nombre de projets d’urbanisation. L’urbanisation est en soi un objectif légitime pour un pays, mais les méthodes utilisées par Talon au cours des 5 dernières années ont été dévastatrices pour les communautés pauvres des villes du Bénin. Nombreux sont ceux qui ont été chassés de leur quartier sans aucun avertissement ni soutien de la part du président. Dans cet article, nous examinons le droit international en matière de logement et d’expulsion, ainsi que les risques qui doivent être pris en compte lorsqu’un pays réalise des projets de développement urbain.

 QU’EST-CE QUE LE DROIT À UN LOGEMENT ADÉQUAT ?

Selon la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, toute personne a droit à un niveau de vie suffisant. Cela inclut le droit à un logement adéquat et l’interdiction de l’expulsion forcée de son domicile.

PROJETS DE DÉVELOPPEMENT URBAIN AU BÉNIN

On assiste à une recrudescence des projets de développement urbain au Bénin depuis l’arrivée du président Patrice Talon en 2016. Ces projets se sont largement concentrés sur la capitale économique du pays, Cotonou.

CONSÉQUENCES DES PROJETS URBAINS

Les projets urbains de Talon ont impliqué la destruction de quartiers pauvres et l’expulsion de leurs habitants. En août 2019, plus de 160 maisons ont été démolies illégalement dans le quartier côtier de Cotonou, Wxlacoji. Les personnes expulsées n’ont reçu aucun préavis, aucune indemnisation et aucune information sur un quelconque plan de réinstallation. Depuis lors, près d’une douzaine de communautés de la plage n’ont reçu qu’un préavis de 72h avant d’être expulsées de leurs maisons. En août 2021, un quartier du littoral de Cotonou a été déclaré « illégal » et les habitants ont eu six semaines pour partir.

L’ONU a qualifié les expulsions forcées de « violation flagrante des droits de l’homme, en particulier du droit à un logement convenable ». Les expulsions détruisent non seulement les maisons, mais aussi les réseaux sociaux et les biens des habitants.

CONCLUSION

La croissance urbaine présente de nombreux avantages et le président béninois, comme les dirigeants de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, souhaite à juste titre investir dans l’urbanisation. Mais les moyens par lesquels l’État béninois réalise ces projets affectent massivement les citadins les plus pauvres et leur refusent l’accès à la ville. Si les citoyens doivent être déplacés dans le cadre de nouveaux projets urbains, leurs droits doivent être respectés dans le processus.

Rachel Issacs

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