EN CONVERSATION AVEC JEMIMA KAMBOU, UNE RÉALISATRICE DE FILMS DOCUMENTAIRES D’IVOIRE

Jemima Kambou est une cinéaste ivorienne qui travaille dans le documentaire. Son dernier film, Aux pays des danses a été montré au Festival de Cannes. Jemima s’est entretenue avec Right for Education pour discuter de ses projets et son métier.

R:Ed:  Est-ce que vous pourriez nous parler un petit peu de vous et de votre travail?

OK, alors je suis Jemima Kambou. Je suis étudiante en production audiovisuelle, option réalisation cinéma à l’Institut des sciences et techniques de la communication d’Abidjan, en Côte d’Ivoire. Donc, je viens tout juste de finir mon master 2. Il doit maintenant faire ma soutenance pour valider mon master. Je suis passionné de réalisation et aussi de montage vidéo. J’aime bien faire le montage vidéo. Je touche un peu à tout. J’ai réalisé un documentaire sur les danses traditionnelles Lobi avec lequel j’ai remporté deux prix lors du concours Clap Ivoire, qui est un concours destiné aux jeunes réalisateurs des pays de l’UEMOA, donc à la phase nationale. J’ai eu le prix du meilleur documentaire national pour l’édition 2020 et ensuite à la Foire internationale, j’ai eu le Grand Prix, d’où l’invitation pour participer au pavillon africain du Festival de Cannes 2021.

 

R:Ed: Votre film Au pays des danses se concentre sur la danse. Pourquoi la danse vous intéresse en tant que cinéaste?

Ça m’intéresse d’abord parce que ça parle de culture. Voilà, j’aime beaucoup la culture, j’aime beaucoup la culture ivoirienne et par-dessus tout, la culture africaine parce que je me suis dit d’abord moi, je suis né à Abidjan. Dans la capitale, avant de tourner mon documentaire, je n’avais jamais eu l’occasion d’aller au village. Je savais qu’il y avait des danses mais on ne nous parlait pas de ces danses pour nous, la jeune génération qui avait grandi en ville à la capitale, Abidjan. Donc, du coup, j’ai commencé à mener des enquêtes et j’ai vu que cette danse-là est en train de se perdre. Et donc je me suis dit Ah, il faut que je profite du fait que je sois dans l’audiovisuel pour valoriser ma culture, pour mettre en avant la culture africaine, parce qu’il faut préserver cette danse. Et surtout, il faut que les jeunes, les jeunes générations connaissent leur danse parce que c’est leur identité. C’est un documentaire court métrage de 13 minutes qui parle des danses du peuple lobi de Côte d’Ivoire, un peuple qui vit au nord-ouest de la Côte d’Ivoire et aussi au Burkina Faso et au Ghana.

 

R:Ed: Quelle est la place de la danse dans la culture lobi?

La danse occupe une place de choix dans la culture lobi. Elle est liée à la musique. La musique est très importante parce qu’à tout moment, on chante, on danse. Vous allez voir par exemple, au chant lorsqu’ils sont en train d’effectuer les travaux champêtres, ils vont chanter pour se donner du courage, pour s’encourager lorsqu’il y a des occasions de réjouissance. On chante, on danse et même lorsqu’il y a des décès, par exemple. C’est vrai que ce n’est pas un événement festif et c’est un décès. Mais il y a, vous allez voir qu’il y a des danses qui sont exécutées. La danse est vraiment très importante dans la culture lobi.

 

R:Ed: Avez-vous d’autres sujets qui vous attirent comme projets en ce moment?

Oui, j’aime bien la fiction, aussi. Il y a des domaines socio culturels dans ma région qui me touche beaucoup parce que j’aime aussi beaucoup sensibles à tous les sujets qui touchent à la femme et à la jeune fille. Un sujet qui m’intéresse est la scolarisation des filles. Il y a un grand problème avec l’abandon des études pour les filles. C’est quelque chose qui me touche beaucoup. Voilà, donc je veux vraiment comprendre le problème profond.

 

R:Ed: Et qu’est ce qui vous a inspiré dans le cinéma?

Dans le cinéma d’art, j’aime bien les documentaires. J’aime bien les fictions aussi. Il y a une réalisatrice que j’aime bien, Apolline Traoré. J’aime bien sa manière de réaliser ses films, comme par exemple sa fiction Frontières que j’ai beaucoup aimé.

 

R:Ed: Qu’est ce qui est pour toi la meilleure partie dans la création d’une œuvre cinématique?

La meilleure partie pour moi, c’est aller à la recherche des informations techniques que j’ai déjà trouvé le sujet. Et là, je dois maintenant mener des enquêtes. En fait, toute la partie préparation de la faisabilité de tournage, aller sur le terrain, faire les repérages, trouver des personnes ressources, par exemple pour les interviews, pour me renseigner sur mon sujet. J’aime bien cet article parce que j’aime bien être avec des gens, parler avec eux, parce que quand c’est vrai de loin, je peux avoir un sujet en tête. Je peux même faire des recherches d’abord sur Internet. Mais lorsque tu bascules sur le terrain, que tu rencontres les personnes qui sont touchées de plus près par ce sujet, tu peux avoir des informations carrément différentes. Donc, j’aime bien ça.

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