Les héros méconnus du Kilimandjaro

Le mont Kilimandjaro, qui est la montagne isolée la plus haute du monde, est une destination très prisée des alpinistes et des aventuriers. D’une hauteur de 5895 mètres, l’ascension du sommet prend environ 7 jours, les grimpeurs passant des forêts épaisses à des chemins de gravier secs pour arriver finalement au sommet enneigé. L’ascension est aussi belle qu’elle est difficile.

Pour un voyage de 7 jours, il faut transporter plus de 45 kg d’équipement et de nourriture par personne. Compte tenu du terrain difficile et de l’altitude de la montagne, l’ascension est particulièrement ardue. 

Cependant, lorsque nous consultons les sites web, ils ont tendance à annoncer que le voyage est « adapté aux débutants qui sont en pleine forme ». Comment est-ce que cela peut être possible ? La vérité est que les alpinistes escaladent presque jamais le Kilimandjaro seuls. Pour chaque grimpeur, il y a environ 2 ou 3 aides, appelés porteurs, qui aident à porter la charge. En outre, les porteurs sont également chargés de répondre aux urgences médicales, de préparer la nourriture, de guider les grimpeurs et de monter le camp. À bien des égards, les porteurs sont l’épine dorsale de chaque ascension du Kilimandjaro. Malgré leur importance, les porteurs ont souvent été négligés et traités avec cruauté.

Pour offrir le prix le plus bas possible, les entreprises qui organisent ces escalades cherchent souvent à réduire les coûts. Cependant, elles ne peuvent pas sacrifier la qualité de la nourriture ou des services offerts aux grimpeurs, car elles doivent être en mesure de rivaliser avec les autres entreprises. Au lieu de cela, elles se tournent vers les salaires et les conditions de travail des porteurs pour réduire les coûts, laissant souvent les porteurs avec le strict minimum.

David Mtui, un porteur basé en Afrique, explique qu’il se trouvait souvent dans des tentes bon marché, qu’on lui servait une nourriture inadéquate et qu’il devait compter sur les pourboires pour gagner sa vie. En outre, malgré ces conditions difficiles, les porteurs devaient également porter environ 40 kg sur leur dos. Par conséquent, le risque de blessure, voire de mort, était élevé pour les porteurs. À bien des égards, les porteurs sont traités comme des outils remplaçables alors qu’ils sont les membres les plus importants de toute ascension.

Heureusement, tout cela commence à changer. Le ‘Kilimanjaro Porters Assistance Project’ (Project pour l’assistance des porteurs du Kilimandjaro) (KPAP) s’efforce de soutenir le traitement éthique (c’est-à-dire équitable et humain) des porteurs du Kilimandjaro. Il travaille avec les entreprises pour garantir 4 choses : (1) que les porteurs reçoivent trois repas par jour ; (2) que les charges transportées par les porteurs pour l’entreprise ne peuvent pas peser plus de 20 kg ; (3) que les porteurs disposent de l’équipement et des vêtements appropriés pour l’ascension ; et (4) que les porteurs reçoivent un minimum de 20. 000 shillings tanzaniens par jour (environ 8,60 $).

Anna raconte comment les directives du KPAP l’ont aidée à faire « des pas de géant dans [sa] vie ». Elle est désormais en mesure d’envoyer ses enfants à l’école et de louer un terrain avec le salaire qu’elle gagne en tant que porteur. Le KPAP a un impact significatif sur le bien-être des porteurs.

Derrière les photos de grimpeurs souriants au sommet du Kilimandjaro se cachent des groupes de porteurs infatigables qui les ont aidés à porter leur charge. Après tout, ce qui rend l’ascension du Kilimandjaro « facile », c’est le travail d’équipe. Et tout comme le travail d’équipe exige une contribution égale, il mérite aussi une récompense égale. Avant de faire leurs valises pour gravir la plus haute montagne d’Afrique, les alpinistes doivent s’assurer qu’ils travaillent avec une entreprise responsable et éthique. Il est temps que ces héros méconnus du Kilimandjaro soient reconnus et traités correctement.

Zilun Lin

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