Funmilayo Ransome-Kuti: La Lionne Lisabi

Funmilayo Ransome Kuti était une militante du 20ème siècle. Elle a consacré sa vie à lutter pour plus de droits économiques et politiques pour les femmes et à faire campagne contre le mandat britannique dans son pays. Elle a mené une campagne d’opposition si féroce contre ces inégalités qu’on lui a donné le nom ‘La Lionne Lisabi’- un personnage traditionnel héroïque.

 

Kuti est née dans la ville sud-ouest de Abeokuta et elle était la première fille à assister au lycée local (ce type de lycée avait un examen d’entrée). D’ici, on l’a envoyée être scolarisée en Angleterre et on avait l’espérance qu’elle retournerait au Nigéria avec les valeurs et les traditions de la haute société anglaise. Cependant, ses expériences du racisme en Angleterre était la raison pour laquelle elle a cessé d’utiliser son nom chrétien de Frances et elle s’est enorgueillie de prendre son nom Yoruba (un des trois groupes ethniques majoritaires au Nigéria) de Funmilayo.

 

Quand elle est retournée au Nigéria, elle s’est inscrite au syndicat pour femmes à Abeokuta et elle l’a transformé d’une association caritative à un véhicule du changement politique. Funmilayo a aidé à éduquer et responsabiliser les femmes locales qui travaillaient chez les marchés locaux en plein air qui, auparavant, n’avaient pas d’accès à l’éducation. Cela était important avant tout pour Funmilayo parce qu’elle croyait que « la vraie position des femmes nigériennes avait besoin d’être jugée selon les femmes qui portaient leurs bébés sur le dos et qui cultivaient du matin au soir et pas les femmes qui utilisaient du thé, du sucre et de la farine pour le petit déjeuner ». Avec cela, elle voulait dire que la lutte féministe nigérienne devait impliquer la femme quotidienne et ne devait pas être un mouvement mené par l’élite instruite. En fait, elle était si déterminée à unir toutes les femmes dans le syndicat qu’elle portait des vêtements traditionnels aux réunions et elle parlait en yoruba au lieu d’en anglais.

 

La première campagne du groupe tournait autour de l’exploitation économique de ces femmes, qui étaient obligées de payer un impôt qui allait directement aux propriétaires des marchés. Les pétitions du groupe contre cette injustice se sont finalement changées en manifestations. Elles ont impliqué des centaines de femmes qui ont manifesté devant le palais du souverain local pendant des heures. La police a interdit ces manifestations mais Funmilayo a continué à les organiser en les appelant des ‘pique-niques’. Plus de 10.000 femmes ont assisté au prochain soi-disant ‘pique-nique’, ce qui a mis le gouvernement sous tant de pression qu’ils ont aboli l’impôt.

 

Funmilayo a aussi aidé le mouvement féministe nigérienne à travers son opposition au mandat britannique au Nigéria. Elle a publié un article très célèbre et polémique dans un journal britannique qui expliquait son avis qu’il y avait de l’égalité du genre au Nigéria avant l’arrivée des Britanniques. Avant leur arrivée et leur imposition de pratiques économiques et administratives qui étaient gérées par les hommes, les femmes nigériennes avaient plus de liberté et d’égalité parce qu’elles étaient propriétaires de l’immobilier, des terres et des commerces. Par conséquent, Funmilayo était la seule femme à aller sur une mission nationale à Londres afin de revendiquer la liberté de Nigéria. Cela était un moment très symbolique parce qu’il montrait la valeur de la voix féminine pendant une époque si important de l’histoire.

 

Pour ces raisons, on peut se souvenir d’elle comme une pionnière qui n’avait pas peur de se rebeller contre les normes sociétales. Elle utilisait sa voix et son influence pour protester contre les établissements économiques et politiques qui avaient beaucoup de pouvoir. L’héritage le plus grand de son activisme est peut-être le fait qu’elle a permis aux femmes de tous milieux, qui avaient des luttes différentes aux siennes, à être responsabilisées à travers l’éducation et la liberté économique.

ZARA ARIF

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