Mise au point d’un vaccin contre le paludisme

MISE AU POINT D’UN VACCINE CONTRE LE PLAUDISME

Le paludisme est une maladie mortelle causée par un parasite transmis à l’homme par la piqûre d’un moustique infecté. Cette maladie est particulièrement dangereuse pour les jeunes enfants et les femmes enceintes.
Le paludisme peut être évité en se protégeant des piqûres de moustique. De nombreuses mesures ont été mises en place pour prévenir les cas de paludisme en utilisant des moustiquaires ou en pulvérisant des produits chimiques qui repoussent les moustiques. Malheureusement ces solutions ne sont pas totalement efficaces: plus de 200 millions de personnes contractent le paludisme chaque année et plus de 90% des cas se trouvent en Afrique.

C’est pour cette raison qu’un vaccin contre le paludisme est nécessaire. Par ailleurs, bien que le paludisme puisse être traité avec des médicaments, le nombre de cas de paludisme résistant aux médicaments est en constante augmentation. La prévention est donc essentielle pour éradiquer la maladie.

Le système du corps qui défend contre les infections s’appelle le système immunitaire. Les vaccins sont conçus pour enseigner au système immunitaire à lutter contre une infection spécifique, sans pour autant provoquer un malaise chez la personne. Il existe déjà de nombreux vaccins efficaces contre les virus et les bactéries qui provoquent des maladies. Les vaccins sont fabriqués à partir d’une forme de virus ou de bactérie affaiblie ou détruite que le système immunitaire peut utiliser pour apprendre à lutter contre la maladie.

C’est une idée simple qui a été très efficace pour de nombreuses maladies infectieuses.

Toutefois, le paludisme n’est pas causé par un virus ou une bactérie. Le paludisme est causé par un parasite appelé plasmodium. La fabrication d’un vaccin qui protège contre le plasmodium est très difficile.

  1. La structure et le mode d’action du parasite du plasmodium sont beaucoup plus complexes qu’un virus ou une bactérie.
  2. Une personne qui a contracté le paludisme n’est pas automatiquement immunisée contre la maladie. En fait, les gens peuvent attraper le paludisme plusieurs fois au cours de leur vie. Contrairement aux maladies pour lesquelles nous disposons de vaccins efficaces (par exemple la rougeole), le simple fait d’être exposé au parasite du paludisme ne vous protège pas à vie.

Heureusement cela n’empêche pas de développer un vaccin antipaludique. Les probabilités de développer un vaccin qui protège complètement contre le paludisme sont relativement faibles. Cependant, un vaccin qui fournit une certaine protection contre le paludisme et qui réduit les risques de paludisme grave et de décès dus au paludisme serait tout de même très utile pour les populations africaines.

Au cours des dix dernières années, de nombreux travaux ont été consacrés à la mise au point d’un vaccin contre le paludisme. Deux exemples sont discutés ci-dessous.

LE VACCIN PFSPZ

Le vaccin PfSPZ contient une forme affaiblie du parasite plasmodium entier responsable du paludisme. Ce n’est cependant pas très utile étant donné que pour fonctionner le parasite doit être conservé à des températures inférieures à 0 degré. Par conséquent, il est difficile de conserver et de transporter le vaccin, en particulier dans les climats chauds et les zones où l’approvisionnement en électricité n’est pas toujours constant. Pour qu’un vaccin antipaludique soit efficace, il doit pouvoir être distribué au le plus grand nombre de personnes possible, y compris dans les zones rurales isolées.

LE VACCIN RTS,S

Le vaccin RTS, S est différent du vaccin PfSPZ car il s’agit d’un vaccin «sous-unité». Il est fabriqué à partir d’une petite partie du parasite plasmodium au lieu de l’organisme entier. Cela signifie donc que le vaccin n’a pas besoin d’être constamment conservé à très basse température. De nombreux essais cliniques ont été réalisés pour tester le vaccin RTS, S chez 15 000 enfants de toute l’Afrique subsaharienne, mais les résultats de ces essais ont été décevants. Sur dix personnes vaccinées, seulement 2 à 5 sont protégées contre le paludisme et le niveau de protection diminue après plusieurs mois. Pour ces raisons, l’OMS n’a pas encore recommandé de son utilisation.

QUE FAIT-ON ACTUELLEMENT?

D’autres essais cliniques sur RTS, S auront lieu entre 2019 et 2022 au Ghana, au Kenya et au Malawi. Ils seront disponibles par le biais de programmes de routine à environ 360 000 enfants âgés de 5 à 24 mois. La participation à des essais accélérera le développement du vaccin. Bien que les recherches se poursuivent, de nombreux laboratoires à travers le monde continuent de développer d’autres vaccins antipaludiques.

Marwin Ramos

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