Les droits fonciers des Maasai et la conservation de la faune

Récemment, il y a eu beaucoup de discussions autour des Maasaï et des terres sur lesquelles ils vivent. La pression des groupes pour la protection de la faune a contraint le gouvernement à créer de plus grandes réserves naturelles. Ce faisant, de nombreux Maasaï ont été forcé de quitter leurs foyers traditionnels. Cela a ouvert le débat sur la question de savoir s’il est juste de faire passer les besoins des espèces en voie d’extinction avant ceux des communautés autochtones. Nous pouvons alors nous demander si les communautés agricoles peuvent coexister avec la conservation.

LES MAASAI ET LEURS TERRES

Les Maasaï sont un groupe autochtone important qui vit dans les prairies du sud du Kenya et du nord de la Tanzanie. Ils vivent dans les régions des grands lacs africains qui alimente les Maasaï ainsi que des milliers d’espèces d’animaux sauvages.

Les Maasaï sont pastoral, c’est à dire qu’ils élèvent du bétail. Les bovins sont particulièrement précieux pour les Maasaï parce qu’ils boivent leur lait et leur sang. Pendant des centaines d’années, ils ont vécu dans les prairies. C’est pourquoi ils possèdent de nombreuses compétences de survie traditionnelles qui pourraient aider les communautés similaires à faire face au changement climatique.

Récemment, les Maasaï ont dû modifier leurs traditions pastorales. Une augmentation de la population Maasaï couplé avec une diminution des populations de bovins ont poussé les Maasaï à développer des cultures agricoles comme le riz et les pommes de terre. Ceci est considéré comme culturellement négatif, comparé à l’élevage de bétail.

TERRES MAASAI OU RÉSERVES NATURELLES?

De nombreux animaux en danger d’extinction vivent sur les terres traditionnelles des Maasaï. Ceux-ci comprennent les rhinocéros, les éléphants et les lions qui sont menacés par les braconniers. Ces animaux sont précieux et sont des icônes puissantes et belles du paysage africain traditionnel. Ces animaux attirent également le tourisme de la faune qui engendre des retombées économiques positives pour l’Afrique. Dans un effort pour sauver les animaux, le gouvernement a créé des parcs nationaux. Pour cela il fallait déplacer des communautés agricoles comme les Maasaï pour laisser place aux animaux en voie de disparition. La création de parcs naturels implique aussi l’interdiction de la chasse traditionnelle.

Depuis 1904, les terres Maasaï ont été réduites. Les Britanniques ont commencé par réduire de 60% leurs terres au Kenya pour faire de la place aux éleveurs. Par conséquent, beaucoup de gens considèrent le déplacement forcé des communautés traditionnelles comme similaire au colonialisme (quand l’Afrique était contrôlée par des empires étrangers). Au cours des dernières décennies, les terres ont été prises afin de créer de plus grandes réserves naturelles. Il a récemment été décidé de créer une zone de protection de la faune de 1 500 kilomètres carrés dans le parc national du Serengeti afin de protéger la route de migration des gnous. Ce projet menace de déplacer des milliers de Maasaï vers de nouvelles terres.

Les gouvernements africains encouragent les Maasaï à quitter leur mode de vie pastoral traditionnel. Beaucoup de Maasaï l’ont fait, mais d’autres demandent des droits de pâturage dans le parc national. Les peuples ont peur de perdre leurs pratiques culturelles.

LES TRADITIONS MAASAÏ PEUVENT-ELLES COEXISTER AVEC LES ANIMAUX SAUVAGES?

La plupart des Maasaï sont réticents envers les efforts de conservation. Pour eux, cela n’a apporté que des difficultés pendant de nombreuses années. Réconcilier les deux semble être une tâche difficile. C’est également difficile car la population Maasaï augmente et réduit l’espace disponible pour les animaux.

Cependant, nombreux sont ceux qui pensent que la conservation de la faune pourrait être plus efficace avec l’aide des Maasaï. Les tribus sont très protectrices de leurs terres traditionnelles. Les Maasaï sont des guerriers féroces. Si les Maasaï étaient pour la conservation de la faune, ils pourraient aider à éviter la chasse illégale et le braconnage. La conservation locale s’est avérée plus efficace que la conservation nationale. Les Maasaï connaissent bien la terre et ses animaux. La protection des animaux sauvages serait plus efficace si les populations locales, comme les Maasaï, participent à la gestion.

Les Maasaï ont côtoyé des animaux sauvages pendant des siècles. Ils ne mangent ni gibier ni oiseaux. Ils sont donc peu susceptibles de chasser les animaux en voie de disparition pour la nourriture. En fait, les Maasaï sont plus susceptibles de chasser les animaux sauvages si on ne leur donne pas assez de pâturage pour élever leur bétail. La migration des animaux est également affectée par le déplacement des Maasaï. Les animaux qui tentent de quitter le parc où de s’approcher des Maasaï sont soit arrêtés soit tués. Les parcs sont comme des îles solitaires au milieu d’une mer de développement humain.

Les Maasaï devraient être les gardiens des animaux sauvages qui vivent à leurs côtés. S’ils sont déplacés, ils deviendront seulement plus hostiles aux efforts de conservation. La conservation de la faune ne peut réussir à long terme que si les Maasai sont inclus dans le processus de conservation.

ERIN ONEILL

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