Un grain de blé par Ngugi wa Thiong’o

Ngugi wa Thiong’o est un auteur kenyan. Il écrivait en anglais au début de sa carrière, mais a ensuite décidé de changer pour écrire en gikuyu, sa langue maternelle, par fierté pour son pays et sa culture. En 1986, il écrit un essai intitulé «Décoloniser l’esprit: la politique du langage dans la littérature africaine». Dans ce travail, il affirme que tous les écrivains africains devraient écrire dans leur propre langue afin de célébrer la beauté de leur culture. Il pense que c’est la seule façon de construire une identité africaine forte. Son premier livre, A Grain of Wheat (Un grain de blé), a été écrit en anglais et raconte l’histoire de l’indépendance du Kenya de la Grande-Bretagne. Le sujet principal concerne le potentiel du Kenya en tant que pays indépendant.

Le livre commence par analyser le mouvement politique qui se battait pour l’indépendance du Kenya. Au début, le livre porte un regard pessimiste quant à l’avenir du Kenya. Un personnage dit que «l’avènement de la législation noire ne signifierait pas, ne signifierait jamais la fin du pouvoir blanc». Ngugi wa Thiong’o pense que les Kenyans et les Européens sont égaux. Un autre personnage demande « Pourquoi pensez-vous que les Européens ont quelque chose de spécial? Ils sont comme tout le monde, comme vous et moi”.

Kihika était l’un des héros principaux du mouvement. Il fut tué par les Britanniques. La ville demanda à Mugo de donner un discours pour l’Uhuru, le jour de l’Indépendance parce qu’ils pensent que c’est un héros de guerre. Par ailleurs, le gouvernement souhaite faire exécuter Karanja car il est suspecté d’avoir trahi Kihika face aux Britanniques. En fait, c’est Mugo qui l’a trahi. Mugo a peur que la vérité éclate au grand jour.

Gikonyo était un homme d’affaires détenu dans le même camp que Mugo. Pendant qu’il était emprisonné, sa femme Mumbi a eu un bébé avec Karanja. Gikonyo a du mal à lui pardonner et lui demande « Où est le Mumbi que j’ai laissé? ».

En fin de compte, c’est en étant honnête et en acceptant la situation que les personnages retrouvent leur paix intérieure. Quelqu’un dit à Gikonyo «Voyons le caractère tu te forgera à force d’empoisonner ton esprit avec des choses que tu aurais dû accepter et chercher la meilleure façon de construire ta vie». Se fâcher contre sa femme pour ce qu’elle a fait c’est les empoisonner tous les deux. Il découvre “qu’il voulait seulement le voir Mumbi et reprendre le fil de sa vie là où il l’avait laissé ». Ils sont plus heureux quand ils avancent tous les deux.

Mugo se rend compte qu’il doit être honnête et admettre qu’il a trahi Kihika. Il le fait le jour d’Uhuru et se sent enfin en paix avec lui-même.

Tous les personnages agissent de cette manière parce qu’ils ont peur que leur « identité, même mort, soit effacée de la surface de la terre ». Après l’indépendance du Kenya, le futur du pays est incertain mais pour construire l’avenir, vous devez faire la paix avec le passé; « La vie n’est qu’une éternelle répétition de ce qui s’est passé hier et la veille ». Il est également important que les gens aient le soutien d’une communauté forte, ne mentent pas et ne sont pas en compétition les uns avec les autres parce que « un peuple uni dans la foi est plus fort qu’une bombe ».

Donc, même s’il s’agit de trahison, Un grain de blé se termine sur une note d’espoir. Les personnages parviennent à travailler ensemble une fois qu’ils sont honnêtes les uns avec les autres. Pour cultiver du blé il faut d’abord planter une graine. Ce livre parle de planter les graines d’un Kenya indépendant et fier.

FERGUS MCLANAGHAN

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