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Graduates trying to get employed. Photo credit - AI Generated

Le paradoxe du premier emploi au Bénin

Introduction

Le Bénin compte aujourd’hui un nombre croissant de diplômés universitaires. Pourtant, l’accès au premier emploi reste l’un des obstacles les plus difficiles à franchir pour les jeunes. Beaucoup sortent de l’université avec une licence ou un master, réalisent des stages, développent des compétences, puis se heurtent à une exigence récurrente sur le marché du travail : deux à trois ans d’expérience professionnelle. Ce paradoxe mérite d’être examiné avec attention.

 

Comment acquérir de l’expérience sans premier emploi ?

La question que se posent des milliers de jeunes béninois est simple : comment peut-on exiger de l’expérience d’une personne qui n’a jamais encore eu l’opportunité de travailler ? On demande au débutant d’être expérimenté avant même de lui donner l’occasion de le devenir. Un stage, un projet universitaire, une expérience associative ou du bénévolat peut démontrer des compétences réelles, de la capacité d’adaptation et de la motivation. Mais ces parcours ne sont pas toujours reconnus comme équivalents à une expérience professionnelle formelle.

 

Chômage, sous-emploi et emploi qualifié : trois réalités distinctes 

Il est important de ne pas confondre trois situations différentes. Le chômage désigne l’absence totale d’activité rémunérée. Le sous-emploi concerne les personnes qui travaillent dans des conditions précaires ou dans un domaine éloigné de leur formation. L’emploi qualifié correspond à un poste stable, décent et en adéquation avec le niveau d’études. Une personne peut avoir une petite activité et être considérée comme occupée, tout en étant toujours à la recherche d’un emploi correspondant à sa formation. Ces distinctions sont essentielles pour comprendre l’ampleur réelle du problème.

 

Qui doit agir ?

La réponse ne repose pas sur un seul acteur. L’État doit renforcer les programmes de premier emploi, l’apprentissage et les passerelles entre formation et entreprise. Les universités doivent rapprocher davantage leurs formations des réalités professionnelles. Les entreprises doivent également revoir certaines exigences: demander systématiquement plusieurs années d’expérience pour un poste junior peut fermer la porte à toute une génération. Le jeune diplômé doit aussi travailler sur son employabilité. Mais il ne peut pas porter seul la responsabilité d’un problème aussi structurel.

 

Conclusion

Le véritable défi n’est pas de réduire le nombre de diplômés, mais de mieux organiser le passage du diplôme à l’expérience, puis de l’expérience à l’emploi durable. Former des jeunes sans créer suffisamment de passerelles vers le premier emploi génère de la frustration et du gaspillage de potentiel. La question centrale n’est donc pas de savoir si le Bénin a trop de diplômés, mais de savoir si des mécanismes suffisants existent pour transformer ces diplômés en travailleurs compétents, expérimentés et productifs. C’est à cette condition que la jeunesse béninoise pourra pleinement contribuer au développement du pays.

 

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Acharaf-dine Olushessi

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