Introduction
Le recyclage est généralement présenté comme l’une des solutions permettant de protéger l’environnement. Pourtant, en Afrique, une partie importante du recyclage repose sur des travailleurs informels qui récupèrent des matériaux dans des conditions parfois extrêmement dangereuses. Le phénomène est particulièrement visible dans le secteur des déchets électroniques. Une étude publiée en 2025 sur Accra, au Ghana, révèle un paradoxe : le recyclage informel crée des emplois et fournit des revenus à de nombreuses personnes, mais il expose également les travailleurs et les populations voisines à une forte pollution.
Ceux qui récupèrent les ressources dont le monde a besoin
Téléphones, ordinateurs, câbles, appareils électroménagers et autres équipements contiennent des matériaux qui peuvent être récupérés. Pour des milliers de travailleurs, ces déchets représentent donc une source de revenus. Le problème apparaît lorsque la récupération des matériaux s’effectue sans équipements de protection, sans installations adaptées et avec des méthodes qui restent dangereuses et inappropriées.
Quand l’économie circulaire devient toxique
À Accra, certaines opérations consistent notamment à brûler des objets contenant du plastique afin de récupérer les métaux. Les chercheurs ont observé des concentrations importantes de particules fines autour de certaines activités de recyclage informel. Les travailleurs peuvent ainsi être exposés à une pollution atmosphérique importante alors même qu’ils participent à une activité généralement présentée comme « écologique ». C’est là que se trouve le paradoxe : une activité peut être bénéfique pour l’environnement tout en étant dangereuse pour les personnes qui la réalisent.
Une transition verte qui doit aussi être sociale
La transition écologique est souvent mesurée à travers la quantité de déchets recyclés, les émissions évitées ou les matériaux récupérés. Mais une véritable économie circulaire devrait également mesurer les conditions de travail de ceux qui rendent cette récupération possible. Une étude publiée en 2026 sur Accra souligne justement que les politiques d’économie circulaire risquent de négliger les inégalités sociales lorsqu’elles ne tiennent pas compte des travailleurs informels.
Reconnaître plutôt qu’exclure
La solution ne consiste pas nécessairement à éliminer les travailleurs informels du secteur. Il pourrait être plus efficace de les intégrer progressivement dans des systèmes mieux organisés, avec des équipements de protection, des formations, des infrastructures adaptées et une meilleure reconnaissance de leur travail.
Conclusion
L’Afrique ne doit pas choisir entre protection de l’environnement et protection des travailleurs. Une véritable économie verte doit être capable de faire les deux. Recycler un téléphone tout en exposant dangereusement celui qui le démonte n’est pas une transition écologique complète. Le véritable défi consiste donc à construire une économie circulaire dans laquelle la planète est protégée sans que les travailleurs deviennent le prix caché de cette protection.
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