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A young person on social media. Photo credit - AI Generated

Réseaux sociaux à la barre : coupables ou simples reflets de nous-mêmes ?

Introduction

Ils sont accusés de faire perdre du temps, de favoriser la désinformation, de rendre les jeunes dépendants aux likes et de nous enfermer dans des contenus toujours plus sensationnels. Chaque jour, les réseaux sociaux sont jugés pour ce qui apparaît sur nos écrans. Mais si, pour une fois, on leur donnait la parole ? Des grandes villes africaines aux petites communautés, une génération entière vit désormais avec ces plateformes au quotidien. À cet effet, une question essentielle mérite d’être posée: sommes-nous victimes des réseaux sociaux, ou participons-nous aussi à la construction de ce qu’ils nous montrent ?

 

Un procès qui semble déjà joué d’avance

Le dossier semble lourd. On leur reproche de nous faire passer des heures à faire défiler des vidéos, de favoriser les fausses informations, d’exposer les jeunes au harcèlement et de transformer les likes, les commentaires et les vues en mesure de notre valeur. On leur reproche aussi de nous montrer toujours les mêmes contenus. Une personne regarde des vidéos de luxe, elle en reçoit davantage. Une autre s’intéresse aux polémiques, elle en rencontre davantage. Une troisième suit des contenus éducatifs, elle peut découvrir une multitude de ressources. Alors, qui choisit réellement ? L’accusation est facile : « C’est l’algorithme ! » Mais l’affaire mérite d’être examinée plus attentivement. Et si nous avions oublié d’entendre l’accusé ?

 

Les réseaux sociaux prennent la parole pour leur défense

« Vous dites que je vous montre trop de violence. Mais combien de temps restez-vous devant ces vidéos ? Vous dites que je favorise les polémiques. Mais qui les commente par milliers ? »  . Les plateformes utilisent des systèmes de recommandation qui analysent différents signaux pour déterminer les contenus susceptibles de nous intéresser. Nos clics, recherches, likes, commentaires, partages et temps d’attention constituent notamment des signaux qui peuvent influencer ce qui nous est proposé.

 

Et si l’écran nous ressemblait plus que nous ne voulons l’admettre ?

Les réseaux sociaux peuvent refléter nos curiosités, nos colères, nos obsessions, nos ambitions, nos contradictions et nos talents. En Afrique, ils ont permis à des jeunes de créer des entreprises, de devenir créateurs de contenus, de se former, de faire connaître leurs cultures et de mobiliser autour de causes sociales. Mais les mêmes plateformes peuvent aussi amplifier les rumeurs, les discours de haine, les arnaques, les fausses informations et les comportements toxiques. Le problème n’est donc pas simplement : « Que font les réseaux sociaux de nous ? » Mais aussi : « Que faisons-nous des réseaux sociaux ? »

 

Conclusion

Nous avons créé les réseaux sociaux. Nous les nourrissons chaque jour de nos images, de nos opinions, de nos colères, de nos rêves et de nos clics. Ils peuvent influencer nos comportements et amplifier certains contenus, mais ils ne fonctionnent pas indépendamment de nos usages. La véritable question n’est donc peut-être pas de savoir si les réseaux sociaux sont bons ou mauvais. Elle est de savoir quelle place nous leur donnons et quelle responsabilité nous acceptons de prendre dans ce qui circule sur nos écrans. 

 

Médias sociaux : https://www.facebook.com/share/1FAZ6JpFpM/

Yacouba Sahidi Mohamed

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