Introduction
La notion de démocratie est universellement connue à travers la célèbre citation d’Abraham Lincoln comme étant « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». La démarche démocratique enclenchée en Afrique depuis les indépendances jusqu’à nos jours n’est pas un long fleuve tranquille. Elle est en effet, marquée par une instabilité chronique caractérisée par des bouleversements d’ordre politique, social et institutionnel. Ce qui sous-entend que la démocratie est balbutiante en Afrique, et ce au regard du défi de l’alternance politique, les coups d’Etat et le musellement de la presse.
Le défi de l’alternance politique
L’alternance politique est l’oxygène de la démocratie, dixit François MITTERAND. Malheureusement, elle peine à être une réalité dans bon nombre de pays africains. Certains chefs d’Etat manœuvrent afin de demeurer au pouvoir à travers ce que l’on appelle communément ‘’tripatouillages constitutionnels’’. Ils consistent pour un président en fin de second mandat de proposer l’adoption d’une nouvelle constitution, ce qui rebattra les cartes et lui permettrait s’il y a adoption, de briguer un autre mandat. Même si cette procédure est légale, force est de reconnaitre qu’elle ne permet pas d’assurer une alternance politique.
Le regain des coups d’Etat
Le coup d’Etat constitue une entorse à la démocratie dans la mesure où le régime démocratiquement établi est renversé par une partie des gouvernants ou des agents subordonnés notamment des militaires. Il est appelé putsch ou pronunciamento quand il est perpétré par ces derniers. L’interruption du processus démocratique par la force crée souvent un climat d’instabilité socio-politique et institutionnelle.
Le musellement de la presse
La liberté de presse est une des conditions indispensables pour le bon déroulement de la démocratie. Elle éclaire l’opinion publique sur la gestion du pouvoir politique. Toutefois, cette liberté se trouve souvent restreinte au regard de certains contextes dans bon nombre de pays en Afrique notamment ceux en proie à l’insécurité. Cela étant, les acteurs de la presse sont désormais invités à suivre une ligne directrice. Ce sous-entend que certaines informations ne parviendront plus au public. Ils travaillent sous une pression incessante. La situation est également alarmante dans d’autres pays à travers des arrestations massives et injustifiées de journalistes, freinant ainsi l’élan du quatrième pouvoir ‘’la presse’’.
Conclusion
La démocratie aurait été amorcée au lendemain des indépendances en Afrique. Force est de reconnaitre que malgré les avancées notables de certains pays en la matière, d’autres sont toujours à la traîne par une situation politique marquée par des violations flagrantes des règles les plus élémentaires de la démocratie. Toutefois, la responsabilité des acteurs politiques n’est pas en reste dans cette entorse de la démocratie dans la mesure où les élections sont entachées de manœuvres malsaines notamment la corruption, l’achat des consciences, les fraudes, etc. Ainsi, en vue de favoriser un ancrage démocratique en Afrique, il serait judicieux que les acteurs pensent à la remodeler en tenant compte des spécificités africaines.
