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De Saigon au Sénégal – La communauté vietnamienne à Dakar

Introduction

Les rouleaux de printemps, la citronnelle et le pho ; ils sont des mots qu’on n’associe généralement pas à la nation ouest-africaine qu’est le Sénégal. Ces plats sont répandus dans ce pays grâce à ses habitants vietnamiens surprenants.

1ère Route Migratoire

La guerre d’Indochine (1946-1954) a vu une France lasse de la guerre remplir son Corps Expéditionnaire Français en Extrême-Orient de troupes coloniales africaines (jusqu’à 43.5%). Le résultat était le contact peu probable entre les soldats africains et les femmes vietnamiennes. De nombreuses femmes ont subi des violences pendant l’occupation (d’autres ont connu un sort différent). Après la défaite de la France, les bébés afro-vietnamiens étaient la preuve suprême des alliances avec l’ennemi et donc de nombreux jeunes enfants ont été abandonnés. Cependant, des dizaines de femmes vietnamiennes mariées sont revenues au Sénégal avec leurs partenaires. Pour les Vietnamiens, le Sénégal ressemblait à un refuge. La culture française était répandue dans les deux colonies à l’époque, notamment dans les boulangeries, les écoles et l’architecture. Beaucoup d’entre eux ont fini par vendre les plats sur les marchés alimentaires de Dakar – notamment des nem (rouleaux de printemps).

2ème Route Migratoire

Les experts vietnamiens en agriculture ont été envoyés pour travailler avec les agriculteurs sénégalais à partir des années 90, sous le soutien financier du programme alimentaire des Nations unies. Les techniciens sont venus pour des missions de deux années, laissant leurs conjoints derrière eux et vivant dans les logements partagés près des villages qu’ils aidaient. Des orangers ont été plantés aux extrémités des potagers afin que les racines qui poussent en dessous puissent attraper l’eau qui fuit. Des eucalyptus servent de coupe-vent pour éviter que le sable ne s’écoule sur la laitue. Un extracteur centrifuge de miel est tourné à la main, gardant intact les rayons de miel et éliminant les impuretés. La technologie vietnamienne ne nécessite ni électricité ni gazole, donc est la solution idéale pour le développement de base.

 Les relations modernes entre le Viêt Nam et le Sénégal

La plupart du peuple Viêtnamo-Sénégalais réside à Dakar et il y a plusieurs restaurants (vietnamiens) dans la capitale. Le Dragon, le plus vieux, est reconnu comme l’initiateur de la tendance culinaire est-asiatique dans la ville. Les rouleaux de printemps sont l’un des plats les plus populaires qui sont vendus dans la rue au Sénégal. Récemment, les deux pays se sont rencontrés pour renforcer leurs accords commerciaux, citant une amitié de longue date. Les deux pays veulent éviter la double imposition et renforcer les accords d’investissement. La tendance est évidente ; le Viêt Nam a doublé ses exportations vers le Sénégal par rapport à l’année précédente pour atteindre un chiffre de 52.56 millions USD en 2019. 

Conclusion

Même si la diaspora vietnamienne au Sénégal est importante, elle a commencé à diminuer. Jean Gomis, un descendant Afro-Vietnamien, est l’une des trois personnes capables de parler, de lire et d’écrire le vietnamien. Lame, une autre descendante, a déclaré que la communauté ne se réunissait plus que pour les funérailles, et non pour les fêtes de 200 personnes qu’elle organisait autrefois. On prédit que la langue vietnamienne disparaîtra complètement sous peu.

Mais même si les souvenirs sont oubliés, que les gens meurent, et que les langues se perdent, certaines choses sont là pour rester au Sénégal. Le goût des rouleaux de printemps, de la citronnelle et du pho.

Traduit par OLIVER SMITH

Cayman Osei Bonsu

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