Introduction:
« L’obscurité ne chasse pas les ténèbres, seule la lumière peut le faire. » Cette lumière, qui doit éclairer l’Afrique, provient du leadership de ses enfants. L’éthique et la moralité sont des valeurs ancrées dans nos traditions. Aujourd’hui, il est impératif de discuter de leur place dans l’industrie cinématographique burkinabè.
Le Défis du Cinéma Burkinabè
Le cinéma burkinabè, jadis un fleuron de l’Afrique, traverse une période de déclin, décevant ainsi ses pionniers. Comme l’a exprimé Rasmané OUÉDRAOGO, surnommé Ladji dans les séries « Trois hommes un village » et « Trois femmes un village » : « Les jeunes réalisateurs ont gâté le cinéma. »
Il peut sembler étrange de faire porter la responsabilité du déclin aux réalisateurs. Cependant, ce cinéma, qui prétend être plus moderne, a évolué de manière problématique. En Afrique, l’exposition de la sexualité était traditionnellement taboue, réservée au cadre du mariage. Aujourd’hui, le succès semble reposer sur l’exploitation de cette perversion. Ce phénomène a un impact négatif sur les familles, générant de l’inconfort lorsqu’il s’agit de partager un écran avec des scènes suggestives, que ce soit entre parents et enfants ou entre aînés et benjamins. Le cinéma avait autrefois renforcé les liens familiaux et sociaux, permettant aux voisins de se rassembler pour partager des histoires.
La Tradition, une Modernité Négligée
Revenons à l’idée de modernité, qui n’est autre que la tradition d’une autre société. À bien des égards, cette modernité criarde est perceptible dans le style vestimentaire de nos acteurs. Les tenues, autrefois conçues pour préserver l’intimité, exposent désormais des parties intimes tout en couvrant les parties moins suggestives. Ce paradoxe est évident, et c’est un triste constat que ces styles vestimentaires tendent à devenir monnaie courante dans nos rues.
Jean-Paul Sartre a dit que « dévoiler, c’est dénoncer. » Cependant, ce sont ceux qui devraient dénoncer qui dévoilent. Ce comportement de nos acteurs est directement lié au déclin de notre cinéma. Les nouvelles générations préfèrent suivre les séries télévisées étrangères, attirées par le comportement mimétique de nos cinéastes. La popularité des telenovelas a ainsi augmenté, en grande partie grâce à l’imitation de nos propres artistes. Cela renforce la notion que « plus on connaît, plus on apprécie. »
L’Éthique au Cœur du Cinéma
La responsabilité des jeunes réalisateurs est claire dans ce déclin cinématographique. Lors des castings, de nombreux rôles sont attribués en fonction de l’immoralité des actrices, un critère qui compromet l’intégrité de l’industrie. Cela explique pourquoi certaines actrices ont du mal à trouver un foyer, malgré le rôle traditionnel de fonder une famille.
Aux jeunes femmes aspirant à devenir actrices, il est essentiel de comprendre que leur talent cinématographique, et non leur corps, déterminera leur succès. Chacun de leurs actes contribue à préserver ou ternir leur honneur.
Un Appel à l’Action
Les décideurs doivent s’engager davantage dans le secteur artistique, notamment le cinéma, qui joue un rôle essentiel dans l’expression de notre culture. Le soutien
financier et structurel est nécessaire pour revitaliser notre cinéma, comme l’a prôné Thomas Sankara : « Nos artistes auront les coudées franches. »
Il est temps d’initier une réflexion sur l’éthique dans le cinéma burkinabè, pour rétablir la moralité et l’intégrité qui étaient autrefois les piliers de cette industrie. Seul ce changement peut garantir un futur prospère pour le cinéma burkinabè et sa contribution à la culture africaine.
