Aucun jour ne passe sans qu’on ne soit informé des cas variés de violence et d’indiscipline à l’école : bagarre entre camarades, accrochage avec les encadreurs, violences physique et morale multiformes émanant des encadreurs, des élèves ou des visiteurs, vente et consommation des drogues, etc. Cette insécurité semble dépasser le cadre scolaire pour devenir un problème social qui doit interpeller tout le monde. Comment en venir à bout ?
Méthodes disciplinaires insuffisantes
Les méthodes disciplinaires privées prises dans quelques écoles et de manière isolée ont peu d’effet sur les élèves.
Certains établissements font des fouilles systématiques et inopinées. Cette mesure bien que dissuasive ne peut venir à bout du mal. En effet, la veille ne peut être maintenue indéfiniment sans des moments de relâchement. Il viendra toujours des moments d’inattention profitables aux élèves mal intentionnées. De même, cette fouille prévient davantage les manifestations que les causes profondes du mal qui résident dans l’éducation morale de l’enfant. Fouillé et trouvé sans danger parce que n’ayant rien vu de compromettant, l’élève se servira par exemple de son compas pour attenter à la vie de son enseignant ou de son camarade.
D’autres écoles ont installé par endroit des caméras de surveillance mais à proportion limitée. D’ailleurs, les élèves ne se cachent plus pour s’affirmer comme des « boys », c’est-à-dire comme des délinquants, question d’imposer leur autorité aux camarades et aux enseignants à qui ils promettent régulièrement le « retour » et s’exécutent pour la plupart de temps sans inquiétude. Il faut donc des mesures plus fortes pour soigner le mal à la racine.
D’autres mesures à explorer
- Premièrement, l’Etat doit restaurer la dignité de l’enseignant. Il doit retrouver son honneur pour être respecté et faire régner la discipline. Ceci commence par un bon traitement salarial qui le rendra moins dépendant des élèves chez qui il supplie pour des répétitions; moins clochard et obligé de chanter la volonté des parents ou de se retrouver comme moto-taximan pour joindre les deux bouts; moins vulnérable, indigne et incapable de manger à sa faim. Si l’enseignant redevient un modèle qui fait rêver les apprenants et qui s’impose par sa seule présence, si son autorité est établie, la violence diminuera sans nul doute.
- Deuxièmement, définir une charte de gestion harmonisée de la discipline. Après recensement des cas récurrents de violence, Il sera important d’harmoniser les pratiques disciplinaires dans l’enceinte de l’établissement, au plan régional et même au plan national. Ceci créera un sentiment de justice, d’équité et évitera les écarts de gestion qui donnent parfois l’impression d’une injustice, une appréhension qui renforce les frustrations et la violence.
- Troisièmement, pénaliser la violence en milieu scolaire. Une loi pénale qui condamne les actes de violence serait fortement dissuasive. Elle pourra aller des amendes à l’emprisonnement, conséquences imputables aux parents si l’enfant est mineur. Ceci aura pour avantage de pousser les parents à contrôler de près leurs enfants, à mieux les éduquer afin d’éviter tout écart de comportement de leur part, qui peut leur être préjudiciable.
- Quatrièmement, créer une synergie et une véritable collaboration entre les établissements scolaires. Les écoles fonctionnent en vase clos, ce qui facilite la migration des délinquants d’un établissement à l’autre. En réalité, bon nombre d’élèves sont insensibles à l’exclusion sensée être la sanction la plus dure, ceci parce qu’ils sont rassurés d’être recrutés dans les heures qui suivent dans un autre établissement. Un fichier régional ou national informatisé permettrait d’enregistrer tous les apprenants et d’avoir le rapport disciplinaire de chacun.
Conclusion
Il est évident que l’école, lieu par excellence de socialisation, se trouve fortement menacée de nos jours par la violence multiforme. Loin de se résigner face à ce fléau qui dicte sa loi et détruit l’éducation des jeunes, une mobilisation générale permettrait de venir à bout de ce problème. Il urge de repenser la discipline scolaire pour sauver l’école et la société
