WELCOME TO R:Ed
People in a jail cell. Photo credit - AI Generated

Les prisons africaines : examiner qui y entre et qui en sort

Introduction

Dans toute l’Afrique, de nombreuses personnes incarcérées n’ont été reconnues coupables d’aucun crime. Elles attendent leur procès, parfois pendant des années, dans des établissements surpeuplés et avec un accès limité à une assistance juridique. La détention provisoire constitue l’une des crises des droits humains les plus répandues et les moins évoquées sur le continent. Elle détruit silencieusement des vies que le système judiciaire devrait pourtant protéger.

 

Détenus sans condamnation

Dans de nombreux pays africains, entre 40 et 70 % des détenus n’ont pas encore été jugés. Certains attendent une audience depuis deux, trois, voire cinq ans. Pendant ce temps, ils perdent leur emploi, leur logement et parfois leur famille. Des enfants grandissent sans leurs parents, alors que ceux-ci n’ont jamais été reconnus coupables. Les communautés perdent ainsi leurs soutiens économiques. Les tribunaux manquent de ressources pour traiter les affaires. Les avocats commis d’office sont débordés ou inexistants. La police procède parfois à des arrestations sans preuves suffisantes pour engager rapidement un procès. La liberté sous caution, qui devrait être une garantie, est souvent fixée à des montants inaccessibles aux personnes pauvres. Ainsi, les riches sont libérés tandis que les pauvres restent détenus, indépendamment de ce qu’ils ont réellement fait.

 

La pauvreté est le véritable facteur déterminant

En Afrique, la détention provisoire dépend souvent moins de la culpabilité ou du danger pour la société que de la situation économique. Une personne aisée peut payer un avocat, satisfaire aux conditions de mise en liberté et mieux s’orienter dans la justice. Une personne sans ressources ne le peut pas. Les prisons africaines sont donc disproportionnellement remplies de personnes pauvres, peu instruites et sans représentation juridique, plutôt que de personnes dangereuses. Ce n’est pas la justice. C’est un système qui punit la pauvreté tout en prétendant lutter contre la criminalité. Plus une personne reste longtemps en détention provisoire, plus elle risque d’accepter de plaider coupable pour mettre fin à cette épreuve, même lorsqu’elle est innocente. Une condamnation fondée sur le désespoir plutôt que sur les preuves constitue une autre forme d’injustice.

 

La réforme ne peut plus attendre

Lutter contre la détention provisoire nécessite d’investir dans l’aide juridique, d’accélérer le traitement des affaires et de réformer la mise en liberté sous caution. Plusieurs pays africains expérimentent déjà des réformes avec des résultats mesurables. Les solutions existent. Ce qui manque, c’est la volonté politique de donner la priorité à ceux qui sont sans voix.

 

Conclusion

Un système judiciaire qui maintient des personnes en détention pendant des années sans procès n’est pas simplement lent. Il est défaillant. Un continent qui accepte cette situation considère que les droits de ses citoyens les plus pauvres peuvent être négociés. Cette conception doit être fermement combattue.

 

Médias sociaux : https://www.facebook.com/ApolloGuile

Kabo Merapelo Onamile

VIEW ALL POSTS