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A student choosing between Humanities careers and STEM careers. Photo credit - AI Generated

Pour l’art : pourquoi choisissons-nous les sciences humaines malgré tout

Introduction

Alors que les médias et les établissements scolaires célèbrent les excellents taux de réussite et que parents et élèves savourent une joie bien méritée, un débat revient inévitablement sur le devant de la scène. Après la publication des résultats du baccalauréat sud-africain par l’Independent Examination Board (IEB), le 12 janvier, l’attention du pays s’est portée sur les meilleurs élèves. Ce même jour, le collège St John’s annonçait qu’un de ses diplômés, Siza Gule, avait obtenu neuf distinctions et décroché une bourse pour intégrer l’université Harvard. Très vite, une rumeur s’est répandue sur les réseaux sociaux affirmant qu’il allait étudier le théâtre, suscitant étonnement et critiques.

 

Le malentendu autour du talent

Cette information était fausse : Siza prévoit en réalité d’étudier les sciences politiques et le droit. Pourtant, les réactions du public ont révélé une idée largement répandue : beaucoup considèrent qu’obtenir d’excellents résultats scolaires devrait naturellement conduire vers des filières comme la médecine, l’ingénierie ou les sciences actuarielles. Selon cette logique, la réussite académique n’aurait de valeur que lorsqu’elle mène vers des professions réputées prestigieuses ou financièrement sûres. Les disciplines artistiques et les sciences humaines sont alors injustement perçues comme secondaires ou peu utiles, malgré leur contribution essentielle à la société et à la culture.

 

Le poids du pragmatisme

Cette vision n’est pas nouvelle. Depuis longtemps, les études artistiques sont confrontées à la même question : « Quel emploi peut-on obtenir avec ça ? » Dans un pays marqué par un chômage élevé et de fortes inégalités, cette inquiétude est compréhensible. Mais réduire l’éducation à une simple stratégie de survie économique revient à oublier son rôle plus large : former des individus capables de réfléchir, créer et participer activement à la vie collective.

 

L’université au-delà de la rentabilité

Cette manière de penser transforme les universités en machines à produire des travailleurs. Comme l’explique la théoricienne politique Wendy Brown, les étudiants deviennent des « unités de capital humain », évaluées principalement selon leur rendement économique. Or, l’université est aussi un espace de réflexion, de remise en question et d’exploration intellectuelle. Apprendre ne se limite pas à obtenir un diplôme.

 

Conclusion

À ceux qui doutent encore de la valeur des Arts, il suffit d’observer la vie quotidienne : musique, littérature, cinéma, théâtre et poésie accompagnent les moments les plus importants de l’existence. Aux mariages, aux funérailles ou dans les instants de joie comme de peine, ce ne sont pas les équations qui donnent du sens aux émotions humaines. Les Arts nous rappellent que l’éducation ne sert pas seulement à gagner sa vie, mais aussi à comprendre ce que signifie vivre.

 

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Simphiwe Zondani

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