WELCOME TO R:Ed
Environmentalists looking for groundwater at a cemetery. Photo credit - AI Generated

Cimetières : un risque méconnu pour les ressources en eau souterraine

Introduction

Alors que la pression sur les ressources en eau souterraine augmente, surtout dans les régions où l’eau est rare, l’attention se concentre souvent sur l’agriculture, l’industrie et l’élimination des déchets. Beaucoup moins abordée est l’empreinte environnementale des cimetières. Les pratiques funéraires traditionnelles peuvent représenter une véritable menace, localisée, pour les systèmes d’eau souterraine.

 

Le nécroleachât et sa composition

Lorsqu’un corps est enterré, sa décomposition naturelle produit un liquide appelé nécroleachât, composé de matière organique, de pathogènes, de résidus chimiques provenant des fluides d’embaumement, de métaux lourds et de produits pharmaceutiques. Au fil du temps, ces substances peuvent migrer à travers les couches de sol et atteindre les eaux souterraines, en particulier là où les sols sont très perméables.

 

Produits chimiques d’embaumement et préoccupations environnementales

L’une des préoccupations majeures concerne les produits chimiques d’embaumement, notamment le formaldéhyde, utilisé pour conserver les tissus, désinfecter, contrôler les odeurs et retarder la décomposition. Il est suffisamment toxique et persistant pour susciter des inquiétudes environnementales, surtout lorsque la densité des enterrements est élevée ou que les cimetières sont mal situés. Bien que les enterrements individuels puissent libérer de petites quantités négligeables, les impacts cumulés deviennent progressivement un risque environnemental.

 

Matériaux d’enterrement et libération de contaminants

Un autre risque de contamination provient des matériaux utilisés pour les cercueils, fabriqués à partir de bois traité, d’éléments métalliques, de doublures synthétiques et de vernis. À mesure que ces matériaux se dégradent lentement sous terre, ils libèrent des métaux traces et des composés organiques dans les sols environnants, puis dans les eaux souterraines.

 

Facteurs de risque spécifiques au site

Il est important de noter que tous les cimetières ne présentent pas de risque pour les eaux souterraines. L’impact environnemental dépend fortement des conditions du site, notamment : la profondeur de la nappe phréatique, le type et la perméabilité du sol, l’intensité des précipitations, la proximité des puits, rivières ou zones humides, et la densité des enterrements et les pratiques de gestion.

 

Cimetières à haut risque et impacts observés

Les cimetières situés dans des zones à nappe peu profonde ou à proximité des points de captage d’eau potable présentent le risque le plus élevé. Dans de tels contextes, des études ont observé des niveaux de nitrate élevés, une conductivité électrique accrue et la présence de bactéries dans les eaux souterraines avoisinantes.

 

Pratiques d’atténuation

D’un point de vue de planification, les cimetières doivent être considérés comme un usage du sol présentant un potentiel de pollution, bien qu’en général inférieur à celui des décharges ou des stations d’épuration. Cela ne signifie pas que les pratiques d’enterrement sont intrinsèquement sûres, mais qu’elles nécessitent une considération environnementale approfondie, surtout dans les régions où les communautés dépendent fortement des eaux souterraines pour l’approvisionnement domestique. La mise en place de cimetières à distance des ressources en eau, le respect de normes minimales de profondeur, la régulation de la densité des enterrements et la surveillance périodique des eaux souterraines sont des mesures d’atténuation réalisables. Des alternatives plus efficaces et à faible impact seraient les enterrements verts ou naturels, qui évitent l’embaumement et utilisent des matériaux biodégradables.

 

Conclusion

Alors que le changement climatique réduit la disponibilité de l’eau et que l’eau souterraine devient encore plus précieuse, les risques autrefois négligés ne peuvent plus être ignorés dans la planification environnementale. Les cimetières peuvent être des lieux de repos et de mémoire, mais ils font aussi partie de nos paysages vivants. Les intégrer de manière réfléchie dans l’aménagement du territoire n’est pas seulement respectueux de l’environnement ; c’est essentiel pour protéger l’eau qui se trouve sous nos pieds.

 

Médias sociaux : http://www.facebook.com/iSparkle-Gao

Gaolathe Masikara

VIEW ALL POSTS