Introduction
Alors que l’Égypte a récemment vu les femmes dépasser leurs homologues masculins en matière d’inscription dans l’enseignement supérieur, les statistiques montrent que cela ne se traduit pas par une participation équivalente au marché du travail formel. La Banque mondiale estime que combler l’écart de chômage entre les sexes pourrait stimuler l’économie égyptienne de 56 %. Alors pourquoi le décalage entre le taux d’éducation et le taux d’emploi formel féminin en Égypte reste-t-il si marqué ?
Disparités en matière d’emploi
Selon la Stratégie nationale pour l’autonomisation des femmes égyptiennes 2030 (NSEEW), 50 % des femmes occupent un emploi informel. Les statistiques concernant la contribution des femmes à l’économie peuvent donc être trompeuses, car elles ne documentent que les postes formels. L’emploi informel réduit la sécurité de l’emploi, exposant les femmes à un risque accru concernant les droits essentiels des travailleurs, les salaires et les retraites. De plus, bien que la législation du travail garantisse un salaire égal pour un même travail, les femmes sont souvent écartées des promotions dans le secteur formel : leurs homologues masculins gagnent en moyenne 168 EGP de plus par mois, selon la NSEEW. En 2025, seulement 29 % des femmes dans la région arabe possédaient un compte bancaire, selon l’ONU, ce qui signifie que la plupart des initiatives entrepreneuriales sont réglementées par un homme.
Obstacles domestiques
En 2019, l’inscription des femmes dans l’enseignement supérieur dépassait celle des hommes de 1,8 %, selon la Banque mondiale. Bien que cette augmentation soit largement célébrée, son objectif est souvent défini de manière étroite. Dans une récente enquête Nes2alak, 83 % des répondants estimaient que l’éducation des femmes améliore principalement les perspectives matrimoniales. L’éducation est fréquemment perçue non pas comme un tremplin vers une carrière, mais comme un capital social dans le cadre domestique, tandis que l’éducation masculine reste centrée sur le professionnel. De plus, l’âge moyen d’une première maternité en Égypte en 2024 se situe entre 22,6 et 22,9 ans. En l’absence d’infrastructures de garde d’enfants, la maternité interrompt la transition entre l’obtention du diplôme universitaire et l’entrée sur le marché du travail. Malgré l’obligation des organisations égyptiennes de fournir un congé de maternité payé, aucun congé équivalent n’existe pour les pères, laissant aux femmes la charge principale de la garde d’enfants.
Perspectives
La NSEEW a annoncé des mesures pour augmenter le nombre de femmes instruites entrant dans le marché du travail formel. Cela inclut la criminalisation du harcèlement sexuel sur le lieu de travail et dans les transports publics depuis 2014, avec des sanctions allant d’amendes à des peines de prison. Cependant, des mesures restrictives persistent, comme la directive administrative exigeant une autorisation préalable pour les femmes de statut socio-économique faible souhaitant voyager. De plus, le concours de 30 000 enseignants lancé en 2022 a favorisé les hommes en raison de tests physiques, et la discrimination persiste pour les femmes enceintes ou récemment accouchées.
Conclusion
Les progrès de l’Égypte en matière d’éducation des femmes sont indéniables, mais l’éducation seule n’a pas permis l’égalité économique. Selon le Global Gender Gap Report 2025 du Forum économique mondial, l’Égypte se classe 140ᵉ sur 148 pays en termes d’accès des femmes à la participation économique et aux opportunités. Combler cet écart transformerait les qualifications éducatives en carrières formelles ; éliminer la discrimination au travail, investir dans les services de garde et considérer l’emploi des femmes comme essentiel pourrait remodeler la vie de la moitié de la population et l’avenir économique du pays.
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