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The economy in Sub-Saharan Africa. Photo credit - AI Generated

LA LIBÉRALISATION ÉCONOMIQUE, COUP DE PROJECTEUR EN SUBSAHARIE

Introduction 

La libéralisation de l’économie mondiale, amorcée dans les années 1990, a vu l’émergence de nouveaux acteurs majeurs du commerce international, notamment la Chine, qui a fortement boosté sa production industrielle pour conquérir un marché désormais ouvert. En parallèle, les pays d’Afrique subsaharienne peinent à s’affirmer de manière significative dans ce nouvel ordre économique globalisé. Ce déséquilibre pose la question centrale : quels sont les obstacles à une participation plus dynamique de la région dans l’économie de marché ? Pour répondre, il convient d’examiner d’abord le niveau des investissements, puis la capacité de production en Afrique subsaharienne.

 

La libéralisation économique et l’investissement

L’investissement est un levier crucial pour le développement économique. Or, de manière générale, la disponibilité des capitaux en Afrique subsaharienne demeure limitée. Plusieurs canaux d’investissement dédiés existent bel et bien, mais deux conditions essentielles doivent être réunies pour en tirer pleinement parti : la connaissance de ces dispositifs par les acteurs économiques, et leur capacité technique à concevoir des projets attractifs. Les études révèlent que les secteurs primaires (agriculture, matières premières) et secondaires (industrie) souffrent d’un faible appui des bailleurs de fonds, que ces derniers soient publics ou privés. Malgré la prolifération d’organismes spécialisés, tels que la Banque africaine de développement (BAD), la FAO, la Banque mondiale, la Banque islamique de développement (BID) ou encore des fonds innovants comme ceux de Google pour les startups, les retombées effectives pour les producteurs restent insuffisantes. De plus, bien que les États aient mis en place eux-mêmes des canaux de financement, ceux-ci requièrent des efforts accrus en matière de vulgarisation pour améliorer la littéracie financière des porteurs de projets et pour optimiser la production locale.

 

La production face à la compétitivité

L’économie libéralisée impose un impératif de compétitivité. En ce sens, seuls des acteurs économiques formés et qualifiés peuvent concevoir des projets capables de s’imposer sur des marchés compétitifs. La transformation de la production artisanale en une production industrielle de qualité et quantitative est un enjeu majeur. Le rôle des États est crucial : ils doivent offrir des formations techniques adaptées, allant du secondaire au tertiaire, favorisant une culture de maîtrise, d’innovation et de créativité. Par ailleurs, la société civile doit s’engager à réduire les obstacles tels que la corruption ou le favoritisme, qui freinent la performance. L’émergence de pratiques fondées sur la méritocratie et la bonne gouvernance est incontournable pour atteindre un niveau manufacturier capable de s’adapter aux exigences d’une économie de marché à l’échelle globale.

 

Conclusion

À l’heure de la libéralisation économique, les acteurs économiques subsahariens se doivent de consolider leur capacité à s’intégrer efficacement dans un marché mondial fortement concurrentiel. Malgré les nombreux freins tels que le faible niveau d’investissement, l’industrialisation encore embryonnaire et des pratiques peu conformes aux standards de compétitivité, les entrepreneurs africains n’ont d’autre choix que de développer leurs compétences, d’adopter des règles de bonne gouvernance, et de promouvoir une culture d’excellence. Seule une mobilisation conjointe entre États, secteurs privés et partenaires internationaux permettra de tirer profit des opportunités offertes par un marché globalisé réunissant près de huit milliards de consommateurs.

Victor Omam

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