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The youth creating an economy using mobile phones and backpacks. Photo credit - AI Generated

L’économie du sac à dos : le commerce mobile des jeunes à N’Djamena

Introduction 

Dans les artères chaudes de N’Djamena, une jeunesse entreprenante sillonne les rues, sacs au dos, bras chargés de marchandises. Ce commerce mobile incarne une économie parallèle, agile, résiliente et profondément inventive; ainsi que de compter sur la débrouillardise, l’adaptabilité et des stratégies commerciales ciblées selon les quartiers. 

 

Une jeunesse sans boutique, mais pas sans idées

Faute d’emploi stable et de moyens pour louer un local, de nombreux jeunes Tchadiens se lancent dans le commerce mobile. Parfums, accessoires, vêtements, montres, téléphones, cosmétiques… tout se vend à la volée, dans les marchés, aux abords des écoles ou même à domicile. Ces jeunes marchands, souvent sans capital initial, démarrent avec peu, mais beaucoup de détermination. Ils s’approvisionnent sur commande ou en gros dans les grands marchés (Milézi, Dembé), parfois même via des plateformes de livraison. L’espace urbain devient leur boutique à ciel ouvert. Leurs atouts ? La mobilité, la proximité, la relation humaine directe.

 

Stratégies de vente et intelligence du terrain

Ces vendeurs itinérants développent une intelligence commerciale remarquable. Ils adaptent leur offre en fonction des zones : lunettes et gadgets dans les quartiers jeunes, foulards et savons dans les quartiers populaires, cravates et montres dans les zones administratives. Les plus habiles créent des groupes WhatsApp ou utilisent leur statut Facebook pour fidéliser leur clientèle. En plus de vendre, ils deviennent parfois conseillers, personnal shoppers, ou même livreurs express. Ce micro-commerce exige du tact, de la persévérance et une adaptabilité constante au climat, à la police, aux embouteillages et aux flux humains.

 

Des limites structurelles, mais un potentiel énorme

Malgré leur ingéniosité, ces jeunes commerçants sont confrontés à plusieurs obstacles : pas de statut légal, pas d’accès au crédit, insécurité des marchandises et pression des autorités. Pourtant, leur dynamisme pourrait être mieux encadré par des politiques d’accompagnement : formation en gestion, formalisation simplifiée, micro-crédit, coopératives de vendeurs mobiles, etc. Un meilleur encadrement et des politiques de soutien pourraient transformer cette débrouille en moteur durable de l’économie urbaine tchadienne.

 

Conclusion

Le commerce mobile à N’Djamena, souvent perçu comme précaire, est en réalité une école de débrouillardise et d’innovation. Ces jeunes marchands incarnent une économie de survie, mais aussi une jeunesse debout, qui refuse de rester les bras croisés.

Anatole Yomansina Ousmane

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