Introduction
La pauvreté énergétique reste un défi majeur au développement en Afrique subsaharienne, notamment au Nigéria et au Ghana, où des millions de personnes n’ont toujours pas accès à une énergie propre et fiable. Les femmes, en particulier celles vivant dans les zones rurales, sont les plus touchées en raison de leur rôle traditionnel dans la gestion des besoins énergétiques du foyer. Cette situation affecte non seulement leur santé et leur sécurité, mais limite également leur accès à l’éducation et à des activités génératrices de revenus, freinant ainsi leur participation économique.
Les Impacts Genrés de la Pauvreté Énergétique
Dans les deux pays, la pauvreté énergétique se traduit par une forte dépendance aux combustibles biomasse tels que le bois de chauffe et le charbon. Au Nigéria, plus de 85 millions de personnes n’ont pas accès à l’électricité, tandis qu’au Ghana, plus de la moitié de la population souffre de précarité énergétique — un fardeau particulièrement lourd pour les femmes rurales. Les tâches quotidiennes comme la cuisson ou la collecte de combustible exposent les femmes à la pollution de l’air intérieur et consomment un temps précieux qui pourrait être investi dans l’éducation, l’acquisition de compétences ou l’entrepreneuriat. Les entreprises dirigées par des femmes, souvent concentrées dans le secteur informel, subissent les conséquences de l’irrégularité de l’approvisionnement en électricité, ce qui freine leur productivité et leur croissance. De plus, l’exposition prolongée à la fumée des combustibles traditionnels entraîne des maladies chroniques, réduisant encore la capacité des femmes à travailler et à générer des revenus.
Obstacles Structurels à la Participation
Les femmes au Nigéria comme au Ghana font face à de nombreux obstacles institutionnels et culturels pour accéder aux services énergétiques modernes. Ces obstacles incluent l’accès limité au financement, une mise en œuvre politique faible, des structures de gouvernance dominées par les hommes et des stéréotypes de genre persistants. Au Ghana, bien que de plus en plus de femmes obtiennent des diplômes en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STEM), le manque de mentorat et d’opportunités d’emploi dans les secteurs de l’énergie freine leur intégration. Par ailleurs, les rôles genrés traditionnels placent la gestion de l’énergie domestique entre les mains des femmes, renforçant la pauvreté en temps et limitant leurs perspectives dans le marché du travail ou dans les affaires.
Réponses Politiques et Opportunités Émergentes
Les deux pays ont engagé des réformes politiques visant à renforcer l’inclusion des femmes dans le secteur énergétique. Le Nigéria a adopté la politique de la CEDEAO sur l’intégration du genre dans l’accès à l’énergie, encourageant la participation des femmes en tant qu’entrepreneures et décideuses. Des initiatives comme le projet Sosai Renewable Energies montrent comment l’énergie propre peut être un levier d’autonomisation économique, en formant des femmes à utiliser des technologies solaires pour augmenter leurs revenus. L’alignement du Ghana sur l’Objectif de développement durable n°7 (ODD7) fournit également un cadre pour lutter contre la pauvreté énergétique grâce à un accès universel, abordable et durable à l’énergie. Le développement de l’économie verte et les opportunités liées au financement climatique ouvrent de nouvelles perspectives d’inclusion des femmes, à condition d’investir spécifiquement dans la formation, l’accès au capital et une législation favorable.
Conclusion
Aborder la pauvreté énergétique avec une perspective sensible au genre est essentiel pour atteindre une croissance économique inclusive au Nigéria et au Ghana. Donner aux femmes un accès à une énergie propre et fiable améliore leur santé, libère du temps et crée de nouvelles opportunités économiques. Avec des politiques volontaristes, des investissements dans le renforcement des capacités et l’élimination des barrières structurelles, les femmes peuvent jouer un rôle central dans le développement durable des deux pays.
Par Goodluck Chibunna Anosike, Nigeria et Anatu Bikenanten Lambon, Ghana
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