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People doing civic engagement with technology. Photo credit - AI Generated

COMMENT LA TECH-CITOYENNE TRANSFORME L’ENGAGEMENT CIVIQUE AU GHANA ET AU NIGÉRIA

Introduction

L’engagement civique est le socle de la démocratie. Il permet aux citoyens de participer à la gouvernance, d’influencer les politiques publiques et de demander des comptes à leurs dirigeants. Au Ghana et au Nigéria, l’émergence de la civic-tech — technologie conçue pour renforcer la participation citoyenne — transforme peu à peu la manière dont les populations interagissent avec les institutions. Cette évolution a ouvert la voie à des outils numériques qui offrent de nouvelles façons d’accéder à l’information, de plaider pour le changement et d’exiger la transparence.

 

Du modèle traditionnel à la civic-tech

Historiquement, l’engagement civique en Afrique de l’Ouest reposait presque exclusivement sur des rencontres physiques comme les réunions publiques, les manifestations ou le militantisme communautaire. Si ces formes restent pertinentes, les plateformes numériques ont introduit des moyens plus dynamiques de participation. Grâce aux réseaux sociaux, aux initiatives d’open data et aux applications mobiles, la gouvernance devient plus inclusive et accessible, même à distance.

 

Innovations civic-tech au Ghana et au Nigéria

Au Nigéria, des plateformes comme BudgIT, Civichive, Tracka, ou encore Smart RR, ont renforcé la transparence publique en rendant plus accessibles les données budgétaires, le suivi des projets et le signalement des crises. GovSpend, une plateforme visuelle lancée par BudgIT en 2021, propose des données simplifiées issues du Portail du Trésor Public (Open Treasury Portal – OTP) et met en lumière les irrégularités financières détectées, contribuant ainsi à la redevabilité de l’État. Plus récemment, le Policy Legal and Advocacy Centre (PLAC) a lancé trois plateformes numériques PLAC BillsTrack, PLAC Legislative Agenda et PLAC Legislative Repository pour faciliter l’accès des citoyens aux processus législatifs et aux prises de décisions politiques. Au Ghana, les innovations civic-tech jouent également un rôle essentiel dans le renforcement de la transparence et de l’engagement démocratique. La plateforme Odekro permet aux citoyens d’accéder aux débats et aux archives parlementaires, favorisant la responsabilité des élus. Penplusbytes utilise la technologie pour promouvoir la gouvernance ouverte à travers des initiatives comme le Freedom of Information Tracker et OpenGov Ghana, qui soutiennent la participation citoyenne à l’élaboration des politiques et surveillent les engagements gouvernementaux. Des projets comme CitiTrends ou iWatch Africa de l’ONG IMANI s’appuient sur le journalisme de données et le plaidoyer numérique pour amplifier les voix citoyennes et demander des comptes aux responsables publics. Ces innovations illustrent le développement d’un écosystème civic-tech dynamique au Ghana et au Nigéria, visant à rapprocher les citoyens de l’État.

 

Amélioration de la transparence et de la responsabilité

L’évolution de la civic-tech a significativement accru la transparence gouvernementale dans les deux pays. Les citoyens ont désormais accès à des données auparavant difficiles à obtenir, comme les archives législatives, les affectations budgétaires et les performances gouvernementales en temps réel. Cela a favorisé le suivi collaboratif (crowdsourcing), permettant de signaler la corruption, les irrégularités électorales et les dysfonctionnements institutionnels.

 

Obstacles à l’adoption

Malgré sa croissance, la civic-tech au Nigéria et au Ghana rencontre plusieurs défis : l’accès inégal à Internet, notamment dans les zones rurales, et les lacunes en littératie numérique freinent l’engagement citoyen. De plus, de nombreux projets dépendent de financements extérieurs, tandis que le soutien institutionnel reste inconstant.

 

Des approches différentes, une vision commune

Au Nigéria, la civic-tech est audacieuse et portée par les citoyens, souvent en réaction aux manquements de l’État. Malgré les résistances politiques, les initiatives menées par les jeunes continuent de prospérer. Le Ghana adopte quant à lui une approche plus collaborative, où les acteurs civiques coopèrent avec les institutions. Ce modèle, plus stable, peut toutefois être ralenti par la bureaucratie.

 

Conclusion

Les deux pays disposent d’un potentiel civic-tech remarquable. L’énergie innovante du Nigéria et l’intégration politique du Ghana sont des atouts complémentaires. Bien que leurs stratégies diffèrent, leur objectif commun reste de renforcer la gouvernance et d’autonomiser les citoyens. Avec un soutien durable et des partenariats renforcés, la civic-tech peut contribuer à bâtir des sociétés plus ouvertes et inclusives en Afrique de l’Ouest.

 

Par Rebecca Avusu, Ghana & Tolulope Adeyefa, Nigéria

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Rebecca Avusu

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