Introduction
Une maladie est dite rare quand elle a un taux de prévalence inférieure à 0,05 %, selon la définition réglementaire européenne. Soit cinq personnes sur 10 000 atteintes dans le monde par an. À ce jour, on estime qu’il en existe entre 5 000 et 8 000. Dans le cas du syndrome de Cushing, le taux de prévalence est de 1 à 10 personnes sur 1 million chaque année, selon un document publié par les Hospices Civils de Lyon. Parlons causes, symptômes et traitements.
Causes
Ce syndrome est un trouble endocrinien qui a été découvert par un neurochirurgien américain, Harvey Cushing. Il résulte d’un dérèglement hormonal, provoqué par l’excès de cortisol dans le sang. On parle d’hypercorticisme. Le syndrome de Cushing peut être dû à un dysfonctionnement des glandes surrénales ou à une prise prolongée de corticoïdes. Des tumeurs nichées dans certains organes du corps peuvent aussi en être à l’origine, notamment au niveau de l’hypophyse. Non soignée, cette maladie engage le pronostic vital du malade.
Symptômes
Ils sont pléthore. Voici une liste non exhaustive : prise de poids à prédominance facio-tronculaire : obésité abdominale, visage arrondi; fonte des muscles avec une faiblesse accompagnée d’une fatigue importante : difficulté pour se relever, monter les escaliers; fragilité cutanée et sous-cutanée. Apparition de vergetures pourpres (sur le ventre, les flancs, la racine des membres); des troubles du comportement ou de l’humeur : anxiété, irritabilité, difficulté de concentration, perte de mémoire, dépression; et, troubles du sommeil, de la libido, de la fertilité, une fragilité osseuse et un tassement vertébral précoce.
Quels traitements ?
Retenons entre autres l’ablation de la tumeur responsable par différentes méthodes chirurgicales et une radiothérapie en traitement de seconde intention. Notons qu’il existe des risques de récidive. Par ailleurs, le malade est placé sous traitement médicamenteux réduisant la production du cortisol en fonction des causes sous-jacentes du syndrome. Il est vrai que la plupart des maladies rares ne disposent pas de traitements à ce jour. Il n’empêche qu’un accompagnement de qualité ne peut qu’améliorer les conditions de vies des personnes souffrantes.
Ici, en Afrique
Il est à noter que peu d’études sont publiées en Afrique sur le syndrome de Cushing. Une pensée pour les personnes qui cumulent des symptômes de cette liste, et qui ne savent pas vers qui se tourner. Combien sont-elles de par le continent qui développent cette sournoise maladie hormonale ou une autre sans pour autant s’en douter ? La plupart d’entre elles n’imaginent même pas que de tels maux puissent seulement exister. Encore faudrait-il qu’elles soient informées et éduquées sur les questions relatives à la santé.
Le spécialiste des maladies hormonales
Le spécialiste des problèmes hormonaux en général est un endocrinologue. Au Togo, les endocrinologues ne sont pas légion. Quand on sait que 65 % des maladies rares sont graves et invalidantes, il serait utile que les médecins africains en formation soient orientés vers des spécialités qui serviront notre continent. La réalisation optimale du diagnostic de ce syndrome en particulier se fait avec une équipe multidisciplinaire : endocrinologues, radiologues, médecins nucléaires, biologistes.
Conclusion
Tellement de choses sont à faire ! Une campagne d’informations massive serait un bon point de départ. Le terme générique « maladie » n’englobe pas que la grippe, le cancer ou encore Ebola. Ensuite, il s’agirait de rendre ces spécialistes accessibles à tous les échelons de la société. Ceci est un appel à qui de droit : ces spécialités, l’Afrique en a un besoin vital. Le développement ne peut se concevoir alors que la santé est sur le banc de touche. Au niveau individuel, cultivons le réflexe de nous diriger vers des spécialistes, lorsque nous développons certains symptômes, si nous en avons la possibilité. Un ami qui arbore une blouse blanche, ne possède pas nécessairement la science infuse. Le généraliste, ou le médecin quelle que soit sa spécialité, devrait vous orienter vers un collègue compétent.
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