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The indigenous and allogeneic people of Cameroon. Photo credit - AI Generated

LES AUTOCHTONES ET LES ALLOGÈNES EN RÉPUBLIQUE : L’EXEMPLE DU CAMEROUN

Introduction 

Le paradigme du discours tribal est marqué, dans de nombreux pays africains par la dialectique entre les revendications des populations autochtones et le droit républicain dont se prévalent les peuples dits allogènes. L’emphase mise sur ce clivage des origines fait couler beaucoup d’encre et de salive, au regard de la discrimination qu’elle sous-tend. Mais un tel clivage entre les populations d’un même pays est-il pertinent et quelles en sont les conséquences à l’aune de la république au 21ème siècle ? Pour y répondre, en prenant  pour exemple le Cameroun, nous retracerons les origines historiques des populations, ensuite nous déterminerons quel est l’impact positif ou négatif de cette dialectique sur la marche du pays.

 

Les peuples autochtones au Cameroun 

Les populations Autochtones se définissent comme étant originaires d’une région spécifique, depuis des temps immémoriaux. Au Cameroun, les pygmées et les Bororos sont considérés, parmi les 240 peuples du pays, comme populations autochtones. Si l’histoire tergiverse quant à dater leur installation sur le territoire, l’on sait en revanche que les Bororos sont un sous-groupe Peul descendu de l’actuel Niger, et que les pygmées descendent d’un grand groupe disséminé dans toute l’Afrique tropicale. Ce précédent  est propre à relativiser leur autochtonie, si bien qu’il paraît plus réaliste de présenter ces deux peuples comme les primo-migrants du Cameroun, et d’affirmer sans confusion que les autochtones sont tout simplement les premiers allogènes du pays. La question qui en découle est de savoir qui sont alors les Allogènes proprement dits ? 

 

Les peuples allogènes au Cameroun 

Au Cameroun, on considère comme Allogènes toutes les populations issues des courants migratoires bien connus et datés. Elles sont classées en trois composantes que sont les Bantous, les Semi-bantous et les Soudanais, selon qu’elles découlent des migrations qui, entre le 15ème et le 18ème siècle, partirent respectivement du Kanem Bornou au Nigeria ou de l’actuelle république démocratique du Congo, pour la première composante, du Fouta Djalon en Guinée, du Fouta Toro au Sénégal, ou du Baguirmi au Tchad, pour la deuxième, et d’Égypte et du Soudan pour la troisième. Si l’on considère le critère  de l’ordre d’arrivée et d’installation de ces peuples sur le sol Camerounais, ils sont postérieurs aux autochtones, et la conséquence est, au sein d’une certaine opinion indélicate, qu’ils font figure d’étrangers; pourtant, cette dernière posture semble rédhibitoire, vue sous le prisme de la république. 

 

L’arbitrage de la république 

La république n’a pas la vocation de renier son histoire. Mais elle est fondée    sur le droit et les principes du vivre ensemble et de l’intégration nationale, et ne prévoit pas des citoyens de seconde zone, ou autre type de marginalisation parmi les populations dont elle est la patrie. Sinon elle mettrait en cause l’égalité et l’équité, et réduirait les chances d’existence des uns au détriment des autres dont elle est garante.  Quelle république pourrait prospérer sans une synergie de ses composantes et sans unité ? Et la dialectique autour des origines des populations ne serait-elle pas une auto-flagellation dont l’impact serait le frein à sa propre cohésion ?

 

Conclusion

Tous les pays, à l’instar du Cameroun, sont formés d’une mosaïque de peuples, dont certains sont très anciens sur le territoire, et d’autres le sont moins. Il en émerge dans l’espace public une dialectique rédhibitoire des origines  Autochtones et Allogènes. Pourtant un regard approfondi mène à la conclusion que les autochtones et les allogènes se distinguent simplement par leur période d’installation sur les terres où ils ont élu domicile, au bout de leurs migrations.  Ils ont ensemble formé la république, qui est devenue la patrie commune qui leur garantit des droits équitables. La république du Cameroun est dite «Une et Indivisible», et, dans la consolidation de son unité, elle promeut l’intégration nationale et le vivre ensemble parmi ses populations, sans considération d’attributs liés aux origines historiques.  

Victor Omam

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