WELCOME TO R:Ed
Justice system in South Africa

Comment le système judiciaire en Afrique du Sud échoue aux victimes

Qu’est-ce que la justice ?

La justice est l’idée éthique et philosophique selon laquelle les personnes doivent être traitées de manière impartiale, équitable, correcte et raisonnable par la loi et par les arbitres de la loi, que les lois doivent garantir qu’aucun préjudice ne soit causé à autrui et que, lorsqu’un préjudice est allégué, une mesure corrective soit prise ; l’accusateur et l’accusé reçoivent tous deux un jugement/punition juste.

 

Négligence du système judiciaire

Combien de délits signalés aboutissent à des condamnations ? La réponse nous permettrait de savoir si le Système de Justice Pénale sud-africain (SJP) fonctionne bien. Les informations actuelles fournies par les rapports annuels de la police, du ministère de la justice et des services correctionnels ne permettent pas de répondre à cette question. En effet, chaque service enregistre des informations différentes qui ne peuvent être reliées entre elles. Les recherches menées en 2001 par la Commission Juridique sud-africaine (CJSA), qui ont suivi les affaires depuis leur enregistrement par la police jusqu’aux tribunaux afin de mesurer les taux de condamnation, ont conclu que « le crime paie ». Cette recherche a révélé que pour 100 crimes violents (meurtre, viol et vol aggravé) signalés à la police, les auteurs n’avaient été condamnés que dans six cas après plus de deux ans.

 

Une victime qui a été abandonnée par le système judiciaire

Le 7 février 2020, Tazne van Wyk, huit ans, a disparu sans laisser de traces près de sa maison à Elsies River, au Cap. Près de deux semaines plus tard, son corps a été retrouvé dans un collecteur d’eaux pluviales près de la N1, à la sortie de Worcester. L’homme qui avait prétendument enlevé et assassiné la jeune fille avait déjà été incarcéré pour le meurtre d’un autre enfant ; il avait purgé une peine de dix ans, mais avait été remis en liberté conditionnelle en octobre 2016. Lors des funérailles de Tazne, Bheki Cele, ministre de la police, s’est adressé aux personnes en deuil et a admis que le système de justice pénale avait laissé tomber la jeune fille et sa famille. Un jour avant la disparition de Tazne, le département des services correctionnels avait déclaré que l’homme était un absent (en raison de son casier judiciaire) après avoir tenté en vain de le retrouver dans la province du Cap-Occidental. Il est révoltant qu’une personne ayant un tel casier judiciaire puisse être libérée sur parole, et c’est un exemple clair de la façon dont le système de justice pénale laisse tomber les victimes (et les survivants) de la criminalité en Afrique du Sud. 

 

Comment le système judiciaire est-il manipulé ? 

La corruption a un impact direct sur la validité des droits de l’homme, principalement pour deux raisons. D’une part, la corruption prive les sociétés de ressources importantes qui pourraient être utilisées pour des besoins fondamentaux, tels que la santé publique, l’éducation, les infrastructures ou la sécurité. L’OCDE a indiqué que le coût de la corruption, sous ses différentes formes, représente plus de 5 % du PIB mondial. Par ailleurs, la corruption a des conséquences dommageables directes sur le fonctionnement des institutions de l’État.

 

Des mécanismes judiciaires et administratifs devraient être mis en place et renforcés si nécessaire pour permettre aux victimes d’obtenir réparation par le biais de procédures formelles ou informelles qui soient rapides, équitables, peu coûteuses et accessibles. Les victimes devraient être informées de leurs droits lorsqu’elles cherchent à obtenir réparation par le biais de ces mécanismes.

 

Translated by Orla Teagle

Lindokuhle Mabuza

VIEW ALL POSTS

Leave a reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *