Introduction
L’intitulé de cet article traite d’une dimension assez particulière du statut de l’individu en société : La dimension de ‘’citoyen’’. Celle-ci s’entend basiquement selon le dictionnaire Larousse comme un ensemble de droits et de devoirs consacrés à celui-ci (l’Homme), ce qui lui confère la citoyenneté. Les sociétés humaines actuelles se sont à peu près toutes majoritairement constituées sur les bases d’idées héritées de la Grèce et la Rome antique. Il apparaît dans ce cadre, le lien étroit entre la citoyenneté et les institutions d’organisation de la dynamique sociétale dont en ressort l’Etat comme la plus prestigieuse. Le but du présent article vise à partager notre ébauche d’idées sur ce qui explique par nos temps le rapport tumultueux des individus aux institutions dans l’espoir de parvenir à un meilleur équilibre social.
‘’Notre maison brûle et nous regardons ailleurs’’ je reprendrais hors contexte (quoique la trame de fond de ce propos soit par capillarité liée au problème de la citoyenneté) cette pensée pour signifier que partout dans le monde les murs de nos civilisations tremblent. Les transformations de notre histoire actuelle en même temps qu’ils mettent en lumière le questionnement du droit des individus (du fait des paramètres qu’imposent les évolutions socio-politico-techniques…) répercutent en le questionnement du pacte social ; avec comme effet de décomplexer l’individu de ses obligations au plus haut point: même quand par endroit c’est la force qui dit le Droit.
Comment cela apparaît t-il ?
Encore plus que par le passé, l’humanité se trouve être dans une phase transitoire. La citoyenneté de notre avis est aujourd’hui en crise face aux changements qui tiennent toutes en un dénominateur commun de notre constat : le progressif chamboulement de perceptions de la part des individus du lien qui les lie à la classe gouvernante avec comme effet l’impression de déséquilibre des rapports de forces qui découle. Car à la base, quel qu’en soit le système politique; à savoir qu’il soit démocratique ou qu’il ait un contrôle plus restrictif des libertés individuelles, ce lien indépendamment de sa nature est un rapport structurant. À la lecture de nos temps, c’est comme si les progrès techniques avaient suscité une avalanche qui aurait brouillé les rôles. La dérive du lien se manifeste par la crise de légitimité des élites dans un contexte de démocratie, qui ont perdu « le mythe » de leurs fonctions par l’hypermédiatisation et en outre la défaillance de celles-ci face à l’ampleur des responsabilités qui sont les leurs dans un tel contexte. Ces dirigeants ont à leur charge des citoyens de mieux en mieux avisés par le biais des outils modernes de communication, sur les tenants et les aboutissants de la politique publique. Un autre facteur peut être noté : dans certains contextes, la sédimentation dans le temps et dans l’espace politique d’une classe d’individus qui pour la base enraye la vocation réformatrice de l’État en lui et pour la société, par l’absence de son renouvellement, le cumul des mandats et la notabilisation des élus a pour effet de créer le sentiment que la proximité de l’élu avec l’Etat (la fonction publique qu’il occupe) le qualifie pour représenter utilement sa base plutôt que sa proximité avec cette dite base.
Qu’en résulte-t-il comme conséquence ?
Face à cela deux situations se dressent : les dirigeants se casent d’une manière relativement consciente dans un entre soi duquel naît tous les soupçons de scandales de la part de la base populaire. Ensuite Celle-ci en face dans le scepticisme profond qu’elle nourrit vomit son administration. Cela conduit à la confrontation inéluctable ; l’élite au pis-aller n’ayant pour justification son rôle que le maintien de l’ordre comme argument à travers divers outils qui lui sont conférés tant du point de vue des moyens de lettres que d’armes. En conséquence les démocraties se rigidifient et les dictatures se chagrinent.
Tout processus naturel conduisant toujours à une stabilisation, la mutation de la société ne s’y soustrait pas. Tout citoyen, indépendamment de son contexte, devrait se placer en amont en ayant parfaitement conscience de son rôle dans l’issue qui se joue, car même à son corps défendant, il joue toujours un rôle. Afin que idéalement en bonne intelligence les Hommes que nous sommes en sortons tous grandis.
