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Digital Media

Les réseaux sociaux et l’engrenage de la violence sexiste : l’urgence de l’éducation de la jeunesse africaine aux médias et à l’information

Introduction

L’omniprésence du numérique et l’avènement de ses réseaux sociaux transforment nos sociétés. Ces plateformes offrent de nouveaux moyens d’établissement des relations interpersonnelles. Le rapport Digital Report 2022 précise que sur 7,91 milliards d’individus dans le monde, on recense 4,95 milliards d’internautes et 4,62 milliards d’utilisateurs actifs des réseaux sociaux numériques. Nous nous dirigeons selon l’UNESCO vers une proportion de 70% des jeunes ayant un accès quelconque à internet. Ces jeunes, généralement vulnérables, sont exposés aux risques de manipulation, d’addiction, aux différentes formes d’atteinte à la vie privée, au cyber harcèlement et à toutes sortes d’influences. Dans ce contexte, les systèmes éducatifs doivent permettre à ces jeunes d’acquérir des connaissances et des compétences pouvant leur permettre de s’informer, d’émettre, de diffuser, d’analyser et de partager des informations de façon responsable. 

Comment les images et vidéos obscènes et les discours immoraux diffusés sur les réseaux sociaux influencent- ils le comportement des jeunes dans nos sociétés ?

L’un des traits caractéristiques des réseaux sociaux numériques est la liberté. L’internaute est libre de créer un compte d’utilisateur, de suivre qui il veut et d’intégrer n’importe quel groupe ou plateforme. Il ne s’agit pas simplement d’une liberté d’accès, mais aussi d’une liberté de créer des contenus et d’interagir avec les autres internautes. Profitant de cette liberté, certains utilisateurs influents de ces plateformes se livrent au partage des images obscènes, des vidéos des ébats sexuels, des discours immoraux, violents et sexistes. Des sujets tels que la grossesse, l’usage des préservatifs, l’homosexualité, l’avortement, l’orgasme féminin, la virilité sont abordés.

Le jeune n’ayant pas encore une identité personnelle autonome et mâture, est ainsi influencé par ces pratiques en ligne. Bloqué par l’éducation familiale reçue et les normes sociales, le jeune influencé n’affiche pas subitement des nouveaux comportements, mais ce sont des nouvelles conceptions qui sont inscrites dans son esprit. Ces nouvelles conceptions finiront toujours par se manifester. Dans la vie sociale réel, le jeune modifie sa conception de la femme, elle devient simplement une partenaire sexuelle. Une femme pour ce jeune, est uniquement celle qui a le corps souhaité et celle qui est capable de satisfaire ses désirs sexuels. 

Cette nouvelle conception, ce nouveau regard sexiste conduit au non-respect de la dignité féminine, à sa discrimination et surtout à sa chosification en tant qu’objet sexuel. Nous assistons ainsi dans nos sociétés à l’exhibitionnisme, l’outrage sexiste, le chantage, les menaces, les messages ou images pornographiques et même l’utilisation de la force, du baiser forcé aux attouchements jusqu’aux agressions sexuelles et au viol en passant par l’administration de substance nuisible et l’exploitation sexuelle de la femme.

conclusion

En définitive, il faut signaler que l’éducation de la jeunesse africaine aux médias et à l’information constitue l’une des solutions à cet engrenage à la violence. combinée à d’autre disciplines telles que l’éducation à la citoyenneté civique, la philosophie, l’informatique, l’éducation aux médias et à l’information permettra aux jeunes internautes de discerner les usages responsables du numérique, de faire usage d’un esprit critique à bon escient, de distinguer connaissances et croyances, informations, fausses informations et théories du complot et les tendances d’influence et de manipulation.

Solomon Garaobe

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