Plus de 80% de la vanille mondiale est produite sur l’île de Madagascar. L’un des pays les plus pauvres du monde, cette exportation clé fournit un revenu crucial à 80,000 agriculteurs aux quatres coins du pays. Le prix de la vanille est très variable, mais ces dernières années il s’est envolé et il a atteint un sommet de 600 USD par kilogramme en 2018. Conséquence de ces prix élevés: une pression accrue pour défricher les forêts afin de faciliter la production de la vanille, le vol organisé de vanille, et des conflits concernant la propriété foncière. Comme il ne reste que 20% de ses forêts d’origine, la mise en œuvre de pratiques durables de la culture de la vanille fera partie intégrante de la protection à la fois de la biodiversité de l’île (la variété des êtres vivants présents dans une région) et des moyens de subsistance locaux.
Comment est-ce que la vanille est produite?
La production de la vanille demande beaucoup de temps et de travail, car elle nécessite une pollinisation à la main, une récolte et un traitement. La période de maturation de nouvelles vignes dure 3 ans et, une fois pollinisée, la plante a besoin de 9 mois supplémentaires pour donner ses fruits – la gousse de vanille.
L’ombre du changement climatique plane sur l’industrie. A cause du réchauffement de la planète, les cyclones tropicaux et la sécheresse deviennent plus fréquents et plus intenses, ce qui met les récoltes en grand danger. Cela fait augmenter les prix de la vanille sur le marché mondial, comme cela s’est produit en 2018. Même si des prix extrêmement élevés semblent être quelque chose de bien pour les agriculteurs, ce n’est pas le cas. Le vol organisé de vanille est devenu endémique sur l’île, ce qui oblige les agriculteurs à récolter leur récolte plus tôt, et cela se traduit par un produit de moindre qualité : à son tour, le prix du produit chute.
Ces cycles des hauts et bas ne sont bons ni pour les populations ni pour la planète ; l’imprévisibilité des prix du marché signifie que de nombreux agriculteurs ne peuvent pas dépendre de l’épice comme d’une source de revenus régulière, tandis que la ruée pour s’emparer des terres par un défrichage rapide lorsque les prix de la vanille sont élevés met en danger la biodiversité de l’île.
Agroforesterie durable pour la vanille
Néanmoins, il existe un potentiel vaste pour une production de vanille écologiquement durable. La vanille est unique parce qu’elle est une récolte d’ombre qui pousse le mieux dans l’obscurité des arbres. Les impacts écologiques peuvent être considérablement réduits quand elle est cultivée aux côtés d’arbres et d’arbustes indigènes par une pratique qui s’appelle “l’agroforesterie.” Par exemple, selon une étude de 2018, les lémuriens – les espèces de primates emblématiques de Madagascar – pourraient être en mesure de maintenir leurs populations dans les plantations agroforestières de vanille. Plus de 70% des agrosystèmes de vanille dans la région Nord-Est de Madagascar ont une faible couverture de la canopée parce qu’ils étaient établis sur des terres ouvertes. En plantant des arbres indigènes dans des systèmes des terres ouvertes, les agriculteurs et les groupes de conservation pourraient être en mesure de restaurer les forêts en conservant des récoltes de vanille.
Le rôle des coopératives d’agriculteurs et des ONG
Même si la production est généralement informelle et non centralisée, les coopératives de travailleurs apparaissent comme une façon de protéger les moyens de subsistance des agriculteurs. En travaillant ensemble afin de fixer des prix et des volumes de vente standardisés, la valeur de la vanille peut être stabilisée sur le marché. Ces coopératives sont souvent gérées par des ONG, qui aident également à mettre en œuvre des pratiques de culture résistantes au climat et à améliorer la protection contre la criminalité. Ainsi, les objectifs de développement et d’environnement peuvent être abordés ensemble, ce qui assurera un avenir stable pour les agriculteurs et les forêts de Madagascar.
