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Une analyse brève d’épices ghanéennes

De nos jours, beaucoup de gens qui habitent au Ghana ont arrêté d’utiliser les épices traditionnelles d’Afrique de l’Ouest, optant pour des épices plus internationales, comme les cubes Maggi, le cumin ou les feuilles de laurier. Cela est peut-être dû à la globalisation, car il est maintenant plus facile d’acheter des produits de grandes entreprises, et il est plus difficile d’acheter des ingrédients authentiques d’agriculteurs locaux. Cependant, il y a cent ans, on n’utilisait pas la plupart de ces épices, et si on les avait utilisées, on les aurait utilisées avec une variété d’épices plus traditionnelles.

Le faux muscadier :

Appelé wedeɛ aba en Twi, une langue ghanéenne, cette épice ressemble au muscadier que la plupart des gens occidentaux reconnaissent. Cependant, le goût des faux muscadiers est plus prononcé, et on l’utilise souvent en cuisinant des soupes ou des pots-au-feu. Les gens l’utilisent aussi afin de guérir des migraines, et les femmes enceintes le mangent pour garantir une récupération rapide après l’accouchement. En raison des fleurs qui poussent sur les arbres du faux muscadier qui ressemblent aux orchidées, on cultive le faux muscadier pour décorer un jardin.

La maniguette :

Ces petites graines poivrées étaient répandues tout autour de l’Europe pendant le Moyen Âge. Les marchands de chameaux traversaient le désert du Sahara pour vendre cette épice en Europe comme un remplacement du poivre noir – on l’a mentionnée même dans un livre de Pline l’Ancien, un écrivain bien-connu de la Rome antique. Au Ghana, où on l’appelle efom wisa en Twi, on l’utilise pour donner un goût prononcé, poivré, presque citronné à un repas. 

Le fruit de l’arbre Aidan :

Bien que ces grandes cosses dures puissent vous donner l’idée qu’on ne les utilise pas en cuisinant des repas, on les utilise toujours au Ghana (où on les appelle prɛkɛsɛ) pour donner un goût sucré et un arôme plaisant aux soupes et aux pots-au-feu. En fait, l’arôme de ces cosses est si bien-connu qu’il est maintenant un symbole du pouvoir, car le pouvoir du roi devrait être présent dans chaque maison, comme l’arôme de prɛkɛsɛ. Certains disent qu’on doit donner le prɛkɛsɛ aux jeunes mamans, car il peut améliorer la qualité du lait maternel qu’elles produisent. 

Les graines de Sélim :

Appelée hwentea en Twi, même une pincée de cette épice peut impartir une saveur piquante aux pots-au-feu – trop de cette épice, pourtant, rend le repas trop amer ! Parmi les autres usages, les graines de Sélim sont souvent utilisées en entier dans le porridge en maïs pour y ajouter une saveur épicée, un peu comme celle de muscadier. Curieusement, au Sénégal, ces graines sont l’ingrédient principal dans un café fameux appelé le Touba. On utilise le fruit sec de l’arbre – les graines là-dedans sont celles qui peuvent fournir une amertume à un repas, donc on utilise normalement le fruit entier. 

Les feuilles du sorgo commun :

Appelées feuilles de waakye au Ghana, ces feuilles impartissent une couleur rouge vif et une saveur unique à ce qu’on appelle waakye, ce qui est du riz et des haricots à œil noir qu’on fait bouillir avec ces feuilles (desquelles le repas reçoit son nom). Les feuilles pullulent d’antioxydants, aidant le corps à se défendre. 

 

Les graines fermentées du caroubier africain :

Appelée dawadawa en Twi, on fabrique cette épice en traitant les graines pour atteindre une consistance comme une pulpe. On l’utilise plus au nord du Ghana qu’au sud, fournissant un arôme fort et distinctif, ce qui est remplacé par du poisson fermenté au sud, car les caroubiers africains poussent plus souvent au nord du pays.

Joshua Kirkhope-Arkley

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