WARIS DIRIE: UN MODÈLE EXEMPLAIRE

Waris Dirie est un mannequin somalien qui a acquis une renommée internationale au début des années 1990. Né dans une famille nomade (sans domicile fixe) vivant près de la frontière entre la Somalie et l’Éthiopie en 1965, Waris s’est enfui de chez elle à l’âge de 13 ans pour éviter un mariage arrangé. Reconnue au Royaume-Uni dans les années 1990, Waris utilisait sa position pour dénoncer les mutilations génitales féminines (MGF) et parler de ses propres expériences d’enfance.

Après avoir quitté la maison et trouvé un abri à Mogadiscio, la capitale de la Somalie, Waris a été envoyée au Royaume-Uni pour travailler comme femme de chambre non rémunérée à l’ambassade de Somalie, pour un oncle qu, à l’époque, était ambassadeur de Somalie au Royaume-Uni. À la fin de son poste, Waris a choisi de rester illégalement au Royaume-Uni, prenant des cours d’anglais en même temps que travaillant dans des restaurants et garderies. À l’âge de 18 ans, elle a été « découverte » par un photographe qui l’a mise en contact avec des agences de mannequins britanniques. Surmontant le racisme des agences de mannequins qui affirmaient qu’il n’y avait pas d’« appel pour les mannequins noirs », elle a finalement été photographiée par le célèbre photographe britannique, Terence Donovan. Cela a rendu Waris célèbre, et pendant les années 1990, elle était mannequin pour de grandes marques telles que Chanel, Levi’s et L’Oréal.

Pourtant, c’est l’engagement de Waris à l’activisme féministe et à la dénonciation des MGF qui l’ont fait une icône à travers le monde. Elle a évoqué sa propre expérience des MGF à l’âge de 5 ans dans le magazine féminin Marie Claire en 1997, et a évoqué les réalités d’être une jeune femme dans une société patriarcale qui favorise les hommes par rapport aux femmes. Cette même année, Waris est devenue ambassadrice spéciale de l’ONU contre les MGF et, en 1998, elle a coécrit son premier livre: Fleur du Désert. Ce livre qui traite de sa vie est devenu un livre à succès international, avec plus de 11 millions d’exemplaires vendus dans le monde. Elle a par la suite publié d’autres livres à succès, notamment L’Aube du Désert, Lettre à Ma Mère et Les Enfants du Désert, qui ont été lancés parallèlement à une campagne européenne contre les MGF. 

Waris a consacré sa vie et sa carrière à attirer l’attention du monde sur les MGF et leurs victimes. En 2002, elle a fondé le « Desert Flower Foundation » à Vienne ; une organisation caritative qui sensibilise le public à l’enjeux mondial des MGF et collecte des fonds pour cette cause et celles qui en ont été touchées. On lui a décerné le prix social mondial lors du gala du Prix Mondial des Femmes à Hambourg en Allemagne en 2004, et a ouvert la Conférence mondiale contre les MGF à Nairobi au Kenya. Son discours et son « Manifeste de Waris-Dirie » contre les MGF ont obtenu un soutien international. 

 

En 2006, elle s’est entretenue avec les ministres de l’Union européenne (UE) à Bruxelles, ce qui a amené l’UE à renforcer les lois interdisant les MGF dans toute l’Europe. Elle est également la marraine du « Desert Flower Surgical Training Centre » ; le premier centre médical holistique au monde (fournissant des formes alternatives de soins médicaux) pour le traitement et les soins des victimes de MGF à Berlin. Le Centre a été créé à Amsterdam en 2014, tout en ouvrant plus tard des centres en Suède et en France qui ouvriront. De plus, son accent sur l’éducation en Afrique est montré à travers le projet « Save A Little Desert Flower », qui travaille en Sierra Leone pour sauver les jeunes filles de la MGF, où 3 écoles de fleurs du désert ont été construites.

 

Traductrice : Nadia Hassan

EMILY DUCHENNE

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