Introduction
Au Bénin et dans plusieurs sociétés africaines, la naissance de jumeaux ou d’un enfant atteint d’albinisme peut être entourée de croyances qui influencent son quotidien. Entre rites, interprétations spirituelles et obligations coutumières, certains enfants risquent de voir leur liberté et leur épanouissement limités. Mais que devient le droit à l’enfance lorsque les croyances des adultes déterminent la vie des plus jeunes ?
Quand les croyances dictent les comportements
Dans certaines communautés béninoises, les jumeaux, appelés Hoho dans plusieurs traditions du Sud, occupent une place particulière. Cette considération peut toutefois s’accompagner d’obligations imposées aux familles. À la suite de certaines consultations traditionnelles, une mère peut être invitée à se rendre sur un marché ou une place publique pour quémander, au motif que ses jumeaux l’exigeraient afin de résoudre un conflit familial ou de rétablir la paix au foyer. Dans d’autres situations, un enfant dont le jumeau est décédé peut-être contraint de transporter une statuette représentant le disparu, y compris pendant les repas. Les enfants atteints d’albinisme peuvent également être enfermés dans des interprétations mystiques de leur apparence, suscitant fascination, peur ou stigmatisation. Ces pratiques et représentations ne sont pas universelles. Elles interrogent néanmoins la place accordée à la volonté de l’enfant lorsque des décisions sont prises en son nom.
Quelles conséquences sur l’éducation ?
Lorsqu’un enfant est réduit à son statut de jumeau ou à son albinisme, ses besoins personnels risquent de passer au second plan. Les obligations coutumières peuvent empiéter sur le temps consacré aux jeux, au repos et aux apprentissages. La stigmatisation peut fragiliser les relations avec les camarades, la confiance en soi et la participation scolaire. L’école doit rester un espace où chaque enfant peut apprendre, se construire et participer à la vie collective sans discrimination. Cela suppose également un dialogue avec les familles et les communautés lorsque certaines pratiques compromettent le bien-être ou la scolarité des enfants.
Préserver les traditions sans sacrifier l’enfance
Il ne s’agit pas de rejeter les traditions, mais de questionner les pratiques qui peuvent porter atteinte aux droits des enfants. La Convention relative aux droits de l’enfant reconnaît notamment leur droit à l’éducation, au repos, aux loisirs et à la protection contre l’exploitation. Les familles, les responsables communautaires, les éducateurs et les institutions ont une responsabilité commune : transmettre les héritages culturels tout en préservant la dignité, la liberté et l’avenir des plus jeunes.
Conclusion
Être jumeau ou naître avec l’albinisme ne devrait jamais être une malchance. Aucun enfant ne devrait porter le poids de croyances qui l’empêchent de vivre pleinement son enfance. Avant d’être le symbole d’une tradition, il est une personne qui a le droit d’apprendre, de jouer, de rêver et de grandir librement.

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