Introduction
Bol, louche, instrument de musique et ornement, la calebasse est cet objet familier qui cache une richesse insoupçonnée. Retrouvée sur plusieurs continents, elle désigne des fruits issus de plantes différentes. Partons à la découverte de ce fruit aux usages étonnamment variés.
Un nom, plusieurs plantes
Les calebasses les plus connues ne proviennent pas du calebassier comme on pourrait s’y attendre, mais d’une plante grimpante de la même famille que les concombres : Lagenaria siceraria. Elle est originaire d’Afrique et fait partie des plantes utilitaires les plus anciennement cultivées. Elle donne des fruits appelés calebasses ou gourdes, de forme allongée ou en bouteille. Les jeunes fruits de certaines variétés sont parfois consommés. Le calebassier, lui, est un arbre d’une toute autre famille : Crescentia cujete. Il est originaire d’Amérique et produit des fruits plus arrondis. Une fois que la coque des calebasses a durcie, elles sont vidées et séchées. Elles deviennent alors faciles à transformer.
Une utilisation africaine variée
En Afrique, la calebasse accompagne de nombreux gestes du quotidien comme transporter ou conserver aliments et boissons. Sculptée, gravée et parfois peinte, elle sert aussi d’objet décoratif. Au Burkina Faso, elle reste étroitement associée au dolo : bière traditionnelle à base de sorgho et habituellement servie dans une calebasse. Celle-ci est également utilisée dans la fabrication d’instruments de musique. Comme instruments à percussion, en Afrique de l’Ouest, on retrouve, le balafon, dont les calebasses disposées sous les lames amplifient les sons, et le chékéré, calebasse recouverte d’un filet perlé. Dans la catégorie des instruments à cordes, on peut citer la kora, demi-calebasse traversée par un manche en bois et recouverte de peau de vache, et l’imzad, instrument monocorde touareg qui n’est joué traditionnellement que par les femmes. Pour certains peuples, la calebasse a un symbolisme fort associé à la femme, à la fécondité et à l’origine du monde. Dans d’autres cultures, elle intervient dans des rituels ancestraux comme les offrandes aux ancêtres, les rites de naissance et de mariage.
Une voyageuse universelle
La calebasse ne s’arrête pas aux frontières africaines. En Amérique du Sud, elle sert traditionnellement à boire le maté, infusion proche du thé. Au Brésil, elle est utilisée dans la fabrication du berimbau, instrument dont le rythme accompagne la capoeira. En Chine, la gourde, appelée hulu, est associée à la chance, à la longévité et à la paix. Aux Caraïbes, la pulpe du calebassier fait partie des remèdes traditionnels. Le voyage de la calebasse s’étend même au-delà de la planète Terre : en 1989, un objet céleste fut nommé « la nébuleuse de la Calebasse » en raison de sa forme.
Conclusion
La calebasse est un objet intégré dans le quotidien de nombreux africains. Cependant, d’un continent à l’autre, elle change de fonction et parfois de signification. Un proverbe malgache compare l’humanité à une liane de calebasse : ses nombreux rameaux s’entrelacent et partagent une même souche. La calebasse en offre, à sa manière, une belle illustration : des usages multiples, des cultures diverses, et un même objet.
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