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Youth learning about digital entrepreneurship. Photo credit - AI Generated

L’éducation entrepreneuriale numérique : un levier d’avenir pour la jeunesse malienne

Introduction

La jeunesse constitue l’essentiel de la population malienne : près de la moitié des Maliens ont moins de vingt ans et plus d’un tiers a entre quinze et vingt-neuf ans, selon Afrobarometer (2026). Ce potentiel démographique considérable se heurte toutefois à un marché de l’emploi incapable de l’absorber. Face à ce constat, l’éducation entrepreneuriale numérique s’impose progressivement comme une piste sérieuse pour transformer ce défi en opportunité économique.

 

Un chômage des jeunes qui interroge la formation académique

Les indicateurs disponibles dessinent un tableau préoccupant. À Bamako, le chômage des jeunes est estimé à 32 %, un niveau largement supérieur à la moyenne nationale, selon Aikins, cité par Afrobarometer (2026). Plus troublant encore, ce sont les jeunes les plus diplômés qui sont les plus touchés : les taux de chômage atteignent 44,2 % chez les titulaires d’un diplôme supérieur et 31,8 % chez les bacheliers, contre des taux bien plus faibles pour les non-diplômés, selon Radio Jeunesse Sahel, citant le Cadre stratégique pour la Relance Économique et le Développement Durable (CREDD). Ce paradoxe s’explique en grande partie par un déphasage entre les formations académiques classiques et les besoins réels du marché du travail, la fonction publique n’étant plus en mesure d’absorber les nouveaux diplômés. L’entrepreneuriat apparaît alors comme une voie réaliste pour une insertion professionnelle durable.

 

Des initiatives ouest-africaines porteuses d’espoir

Plusieurs modèles démontrent qu’une éducation entrepreneuriale adaptée peut produire des résultats concrets. Au Mali même, la start-up Kabako, fondée en 2018, forme des jeunes à la conception de solutions numériques sans exiger de compétences préalables en programmation, une approche saluée par l’Union africaine et l’UNESCO, selon Makers Africa (2023). Au Sénégal, Sonatel Academy propose des parcours gratuits en développement web et mobile fondés sur l’apprentissage par projet. Au Bénin, BloLab organise des formations intensives favorisant l’inclusion des jeunes issus de milieux défavorisés, selon Agence Ecofin. Ces initiatives partagent un même principe : une pédagogie pratique, ancrée dans des projets concrets, qui complète utilement l’enseignement théorique dispensé par les universités traditionnelles.

 

Des défis structurels à surmonter

Ces réussites ne doivent cependant pas masquer les obstacles qui subsistent. L’accès inégal à l’internet et à l’électricité limite la portée de ces formations en dehors des grands centres urbains. Le financement des jeunes entrepreneurs demeure également un frein majeur, les banques traditionnelles restant réticentes à soutenir des projets jugés risqués, comme le souligne Kouagou, Groupe de la Banque mondiale (2022). Enfin, ces initiatives restent souvent portées par des acteurs privés ou des organisations non gouvernementales, sans intégration systématique dans les curricula universitaires officiels, ce qui limite leur portée à une minorité de jeunes déjà informés de leur existence.

 

Conclusion

L’éducation entrepreneuriale numérique représente une réponse crédible au chômage massif qui touche la jeunesse malienne, diplômée ou non. Les exemples régionaux montrent qu’une pédagogie pratique et accessible peut réellement outiller les jeunes pour créer leur propre activité plutôt que d’attendre un emploi salarié de plus en plus rare. Il reste néanmoins essentiel que ces initiatives soient davantage soutenues par les pouvoirs publics et intégrées aux parcours universitaires, afin que leurs bénéfices ne demeurent pas réservés à une minorité.

Sékou Sidibé

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