Introduction
« E tsentse tlhako kgamelong », une expression en setswana qui signifie littéralement « avoir les pieds dans le seau », décrit les moments où la vie devient extrêmement difficile, lorsque la pression augmente et que les solutions se font rares. Aujourd’hui, ce proverbe reflète parfaitement la réalité vécue par l’Afrique. Les tensions actuelles et les conflits géopolitiques mondiaux ne sont plus de simples informations lointaines ; ils provoquent des secousses économiques qui touchent directement les ménages africains. La hausse mondiale des prix du pétrole entraîne une augmentation du coût du carburant, mettant davantage de pression sur des économies largement dépendantes des importations pétrolières. En cette période, un autre proverbe setswana résonne avec force : « motlhoka sa gagwe ke moka a suleng », qui signifie « celui qui ne possède rien est comme un mort ».
Un fait preoccupant
La vulnérabilité de l’Afrique ne réside pas dans son manque de potentiel, mais dans sa dépendance. De nombreux pays du continent dépendent de fournisseurs étrangers pour leur approvisionnement en carburant, ce qui les expose fortement aux crises mondiales. Lorsque les conflits perturbent les chaînes d’approvisionnement et font grimper les prix du pétrole, les coûts de transport augmentent, les prix des denrées alimentaires s’envolent et le coût de la vie devient de plus en plus difficile à supporter pour les populations. Ce qui commence par une guerre située à des milliers de kilomètres finit ainsi par affecter le quotidien des familles africaines, fragilisant leurs revenus et accentuant les inégalités.
Souveraineté économique : la voie de l’Afrique vers l’autosuffisance
Cette situation révèle un problème structurel plus profond : le manque de contrôle de l’Afrique sur ses propres ressources et systèmes énergétiques. Malgré ses immenses richesses naturelles, le continent continue d’exporter des matières premières tout en important des produits transformés, notamment le carburant. Cette dépendance place les économies africaines dans une position fragile, où les décisions extérieures influencent directement leur stabilité. Le proverbe « motlhoka sa gagwe ke moka a suleng » prend alors tout son sens. Sans autonomie et sans capacité à produire pour elle-même, l’Afrique reste vulnérable face aux puissances mondiales. La souveraineté économique n’est plus un choix, mais une nécessité.
Conclusion
Oui, « e tsentse tlhako kgamelong ». Mais cette pression doit devenir une opportunité de réveil. L’Afrique doit repenser son avenir en misant sur l’autonomie, la résilience et l’indépendance. C’est seulement ainsi qu’elle pourra se libérer des chocs extérieurs et retrouver pleinement sa capacité à respirer.

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