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An elderly lady teaching the youth about indigenous plants. Photo credit - AI Generated

LA MÉDECINE TRADITIONNELLE PAR LES PLANTES POUR LES ENFANTS : PRÉSERVER NOS RACINES

Introduction 

Dans presque chaque village et chaque famille, il existe une grand-mère qui connaît les secrets des remèdes à base de plantes pour soigner les bébés. Elle sait quelle feuille peut apaiser les maux de ventre d’un enfant, quelle racine peut fortifier un enfant affaibli et quelle préparation peut aider à lutter contre la malnutrition. Pourtant, ce savoir reste souvent méconnu. Il est principalement détenu par les aînés, notamment les grands-mères, sans véritable mécanisme de transmission. Les jeunes, absorbés par la vie moderne, en reconnaissent rarement la valeur. Comme de nombreux trésors culturels menacés par la modernisation, ces connaissances risquent elles aussi de disparaître.

 

L’héritage de la médecine traditionnelle 

Il ne s’agit pas seulement de récits sur les soins apportés aux enfants, mais d’une partie du patrimoine africain. Bien avant l’arrivée de la médecine moderne, nos grands-parents utilisaient les plantes locales pour soigner et nourrir leurs familles. Aujourd’hui, la médecine moderne occupe une place centrale et a toute son importance. Cependant, notre dépendance à son égard risque d’effacer les connaissances qui ont permis à des générations de prendre soin des leurs. Les pratiques traditionnelles de soins aux enfants sont souvent considérées comme de simples superstitions. On entend parfois dire: « Il existe quelque part une mosadimogolo, une grand-mère, qui sait soigner un enfant, mais ce n’est pas une médecin. » Pourtant, ces remèdes reposent sur des siècles d’observation, de pratique et de savoir culturel. Malheureusement, peu d’efforts sont consacrés à leur préservation.

 

Les ressources de l’Afrique : Exportées et dévalorisées 

Pendant ce temps, les matières premières africaines sont exportées vers les pays occidentaux ou d’autres nations industrialisées, transformées, puis revendues à des prix élevés. L’Afrique est moins rémunérée tandis que les industries étrangères profitent de ce qui pousse sur ses propres terres. Nous sommes ainsi lésés deux fois : d’abord en perdant nos connaissances traditionnelles, puis en rachetant ce que nous possédons déjà. Des plantes qui poussent librement sur nos terres sont parfois qualifiées de « sorcellerie » ou de « pratiques maléfiques ». Pourtant, lorsqu’elles sont conditionnées à l’étranger et vendues comme produits « biologiques », elles gagnent soudainement en valeur. Comment en sommes-nous arrivés là ? La religion, l’influence coloniale et la culture moderne de consommation ont contribué à ce changement. Nous avons appris à nous méfier de nos propres racines, alors qu’elles font partie de notre héritage.

 

Conclusion 

Préserver les savoirs traditionnels ne signifie pas rejeter la médecine moderne. Il s’agit de trouver un équilibre fondé sur le respect et la transmission. Les enfants doivent pouvoir bénéficier des avancées scientifiques tout en héritant de la sagesse ancestrale. Les communautés doivent documenter et transmettre ces traditions avant leur disparition. Les anciens doivent être reconnus comme les gardiens de ces savoirs, et les jeunes encouragés à apprendre auprès d’eux. L’avenir de la santé en Afrique dépend non seulement des hôpitaux et des pharmacies, mais aussi des racines, des feuilles et des savoirs transmis de génération en génération. Les perdre, c’est risquer de perdre une part de notre identité et de notre résilience.

Gorata Jacquelyn Phamphang

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