INTRODUCTION
Le mariage est un rite de passage crucial pour les Yaana, une communauté autochtone vivant au Burkina Faso, avec des pratiques nuptiales imprégnées de symboles et de significations reflétant les valeurs et les normes sociales de leur culture. Cet écrit examine les cérémonies, les rites de passage, les obligations et responsabilités liées au mariage dans ladite communauté.
Le rapt
Après la conquête de la bien-aimée, le rapt est organisé. Il consiste à s’accorder avec sa dulcinée pour fuguer. La future épouse est ainsi dissimulée chez les oncles du jeune. Sa famille vient, à l’issue d’un laps de temps et après concertation, avec des noix de cola, annoncer à la famille de la fille qu’elle se trouve chez eux. Ils profitent de la procédure du mariage.
Le rapt concerne aussi les femmes au foyer. Dans ce cas de figure, elle ne veut pas ou plus de son époux, ou encore, ce dernier ignore la valeur de sa conjointe ; par conséquent un autre prétendant conscient de son importance procède à son ravissement par amour et pour lui offrir un monde meilleur.
Le mariage
Les yaana distinguent deux types de mariage, d’une part le « lito » consistant à échanger une sœur avec une épouse. La particularité de ce mariage réside dans le fait que si la sœur quitte son foyer pour quelconque raison, l’épouse aussi appliqué le principe de réciprocité et rentre chez elle, et vice-versa ; d’autre part, la dot consistant à remettre à la belle-famille un bœuf, un mouton, une pintade, un poulet après l’accouchement de leur fille. Face à la stérilité, on donne la dot pour bénéficier d’une « pog-poaga », une seconde épouse. Si celle-ci procrée, le mari n’est redevable. Pour avoir une femme, il faudrait remplir l’une des conditions ci-dessus énoncées.
Le « Pogsioré »
Le mariage revêt un caractère extrêmement sacré, on procède dans un premier temps à la présentation des familles. En l’absence d’interdits ou d’obstructions à leur union, après l’accord des différentes parties, un frère de la mariée et une jeune sœur appelée « pog-pal-yoaya » l’accompagnent jusqu’à la demeure de son époux. Ils passeront selon les clans, trois, sept ou quatorze jours auprès du nouveau couple. À l’issue du temps imparti, on cuisine un coq à l’homme et une pintade à la « pog-pal-yoaya ». On offre également 165 FCFA à la « pog-pal-yoaya » et 220 FCFA au frère accompagnant. Si l’homme ayant accompagné la délégation engendre après cela une fille, il a le devoir de la donner au mari de sa sœur pour seconde épouse appelée « pog-lenga ».
CONCLUSION
Le mariage yaana revêt une profonde connotation. Les différentes étapes sont soigneusement choisies. La femme est au cœur des attentions de la communauté. Chaque pratique revêtait un sens profond et contribuait à renforcer les alliances, le respect de l’autre dans les foyers. Il permettait à chaque partie d’être consciente de son engagement et des différentes implications sociales, prévenant ainsi le divorce.
