Introduction
Se marier est le rêve secret nourri dans le cœur des filles et des garçons. Malheureusement, par d’innombrables infortunes notamment la maladie, l’être aimé peut être fauché par la mort. Par une décision unilatérale ou de commun accord, l’un s’en va, refait sa vie et l’autre enterre les années vécues. En 2020, le Tribunal de grande instance de Ouagadougou enregistre près de 1400 cas de divorce. En 2022, 1590 cas, soient 133 divorces par mois. Quels sont les méfaits vécus par les femmes en situation de divorce ou de veuvage ?
Le rejet de la belle-famille
Une fille qui se marie, appartient à sa nouvelle famille et sa belle-famille doit la considérer comme leur enfant. Mais ce lien familial peut devenir éphémère après la mort de l’époux ou le divorce. « Mon mari est décédé des suites d’une insuffisance rénale, me laissant avec cinq enfants à 31 ans. Après son décès, ma belle-famille convoqua une réunion. Elle me fit savoir que j’étais libre et, pouvais aller refaire ma vie, mais à condition de laisser les enfants. Seule et sans emploi, mes beaux-frères me traitent de tous les noms. Mon seul souhait est de voir mes enfants réussir ». Il s’agit du témoignage d’une femme veuve qui décida de garder l’anonymat. Les femmes sont également confrontées à des problèmes financiers.
Les difficultés financières
Rares sont les femmes qui travaillent avant le mariage. Cela n’est pas lié au manque de volonté, mais le marché de l’emploi est rigide, surtout ceux en lien avec la formation initiale. En plus de cela, des maris interdisent à leurs épouses de travailler. Selon eux, ils ont suffisamment de moyens financiers pour subvenir aux besoins de leurs familles. Mais en cas de veuvage ou de divorce soudain, les dépenses incombent à ces épouses qui ne sont pas préparées à affronter cette nouvelle vie. Aussi, le lévirat, utilisé pour garder la femme et avoir une main mise sur la fortune du défunt, constitue un véritable problème. Chacun veut sa part. Dépouillant ainsi ces femmes et les imposant à une vie de mendicité et aux regards accusateurs de la société.
Les préjugés de la société
Si elle décide de rester seule, elle est étiquetée de femme aux mœurs légères. L’humiliation pousse donc la plupart à l’immigration, car les remarques faisant allusion à l’absence d’hommes dans leurs vies sont blessantes. Faut-il fuir son pays parce qu’on est une divorcée ou veuve ? Les faits arrivés dans leur vie sont indépendants de leur volonté. Les gens doivent l’accepter et éviter de porter des jugements qui blessent cette catégorie de personnes.
Conclusion
Le regard et les jugements portés envers la femme veuve ou divorcée sont inhumaines. La mentalité à leur égard doit changer, car personne n’est à l’abri d’une situation pareille. Leur donner l’opportunité de restaurer leur santé mentale et leur permettre de guérir des blessures et traumatismes sont la meilleure chose à faire.
