Introduction
Le mariage est un passage obligé pour quiconque aspire à une certaine respectabilité sociale. En Afrique, et particulièrement au Sénégal, il ne s’agit pas seulement d’une union entre deux personnes, mais entre des familles entières. Le mariage n’est pas seulement un acte religieux, c’est aussi une pratique culturelle et traditionnelle profondément ancrée.
L’une de ces pratiques en particulier, la Laabane, est très présente et très redoutée, car elle traite d’un sujet sensible, celui de la virginité, et met en jeu l’honneur de toute une famille, voire de toute une communauté.
Qu’est-ce que Laabane ?
Le Laabane est une cérémonie traditionnelle au cours de laquelle la nouvelle mariée est conduite à son nouvel époux afin qu’ils puissent consommer leur union. Elle a souvent lieu le soir après le mariage religieux. Son but principal est de vérifier que la nouvelle mariée est bien vierge et qu’elle se réserve exclusivement à son mari.
Comment se déroule la cérémonie ?
Le jour de la Laabane, la nouvelle mariée a une rencontre intime avec sa Badiène (tante), qui lui donne des conseils sur la manière dont elle doit se comporter avec son mari et lui rappelle ce que l’on attend d’elle. Elle la fait ensuite asseoir sur un Geunne (pilon) et lui donne un bain rituel avant de lui faire porter des vêtements spéciaux pour qu’elle se sente sensuelle et désirable.
Une fois que tout a été fait, un nouveau drap blanc est placé sur le lit conjugal pour recueillir le sang résultant de la rupture de l’hymen. La mariée est ensuite laissée avec son mari pour la nuit.
À l’aube, le Geweul (griot) entre dans la cour de la maison avec un instrument de musique, le Tama, et joue un air spécifique qui dit : la fille était-elle vierge ou non ?
Le Badiène, qui est resté toute la nuit à l’extérieur de la chambre nuptiale, revient alors pour récupérer le drap et l’exposer devant le griot. S’il y a du sang, le griot joue un deuxième air pour informer tout le monde que la mariée a honoré son mari, sa famille, et toute sa communauté. S’ensuit une célébration joyeuse où tout le monde vient offrir des cadeaux à la mariée pour célébrer le fait qu’elle a préservé sa dignité de femme.
Quel est son impact social ?
Dans une société très conservatrice, une femme qui perd sa virginité avant le mariage est souvent considérée comme une dévergondée, une honte pour sa famille, et surtout pour sa mère, qui est tenue pour responsable de la mauvaise éducation de son enfant. En même temps, une femme qui conserve sa virginité est considérée comme une source de fierté, car elle a réussi à résister aux tentations de la vie et a offert son bien le plus sacré, sa virginité, à son mari.
Conclusion
Le Laabane est l’un des plus beaux aspects de la culture sénégalaise, car il fait ressortir le caractère très valeureux de notre société, où la virginité joue un rôle très important. Cependant, son poids social est très lourd.
Même si elle est encore pratiquée, elle est de plus en plus négligée par la nouvelle génération, car elle est perçue comme une atteinte à l’intimité sacrée du couple.
