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A Gentleman Voting

Évolution de l’électeur africain

Introduction

La politique dans les structures de pouvoir africaines existait bien avant l’entrée de la civilisation occidentale sur le continent. Cependant, des concepts tels que la démocratie et la politique élective sont apparus pendant ou après le colonialisme. Pendant l’ère coloniale, la participation au processus électoral était un privilège réservé à une poignée d’élus. L’année 1957 a été déterminante, car le Ghana s’est libéré du colonialisme et a procédé à une élection présidentielle démocratique en 1960. Nkrumah a pris une avance massive de 89% du total des votes exprimés et a été déclaré président à vie. 

 

 L’électeur post-indépendance

Entre les années 1960 et 1970, de plus en plus de nations africaines se libèrent et la plupart d’entre elles organisent des élections auxquelles les citoyens de ces nouvelles nations indépendantes participent activement. À ce stade, l’électeur avait besoin de plus d’informations sur qui, pourquoi et comment voter. En l’absence de meilleurs mots, je qualifierais cet électeur de non informé et de naïf. C’est pour cette raison que les premiers régimes n’ont pas tardé à faire face à la résistance, à l’opposition massive et aux coups d’État incessants de citoyens insatisfaits. Les raisons générales qui seraient attribuées à ce mécontentement sont l’inégalité dans le partage du pouvoir, la distribution inégale des ressources, et la vague croissante de néocolonialisme. De ce point de vue, je conclus que cet électeur a peut-être voté de manière subjective, sa décision étant principalement inspirée par les forces ethniques qui avaient auparavant réclamé l’obtention de l’autonomie.

 Au fur et à mesure que l’alphabétisation politique et les idées de démocratie pénétraient le continent, l’électeur africain semblait avoir acquis le don de voter de manière rationnelle et objective. Cependant, le temps a prouvé le contraire, car les pouvoirs dictatoriaux ont pris le dessus sur les fragments de démocratie qui se sont multipliés. D’un autre côté, l’électeur se voyait refuser le droit de participer démocratiquement aux élections. Lorsque la démocratie a eu une chance de se développer, la classe, la race, la religion et la tribu ont considérablement influencé les décisions des électeurs. À la fin du 20e siècle, la plupart des nations africaines ont connu une démocratie stagnante, des électeurs mal informés et moins d’éducation civique. Deux pays d’Afrique de l’Est pourraient bien illustrer les exemples parfaits de démocraties stagnantes : le Kenya et l’Ouganda, où les processus électoraux étaient entachés d’irrégularités.

 

 L’électeur du 21e siècle

Des changements significatifs sont intervenus à partir des années 2000 en ce qui concerne les modes de scrutin et le comportement de l’électeur africain. Si l’on prend le cas du Kenya, les élections générales de 2002 ont semblé être davantage motivées par des questions d’agenda et de développement que par des facteurs subjectifs tels que la tribu et la classe sociale. Et bien que le pays ait connu des hauts et des bas dans ses tentatives d’établir une nation démocratique stable, les universitaires et la communauté internationale s’accordent à dire que d’énormes progrès ont été réalisés.

 

En 2022, l’électeur kenyan a été salué pour avoir voté de manière objective, alors que la course à la présidence était basée sur des questions et des idéologies. Sans tensions ni violences, l’élection s’est déroulée pacifiquement, rompant avec les cycles de violence post-électorale. Un média international titrait une opinion : « 2022 : l’élection la plus ennuyeuse. » Ce titre reflète fortement les attentes déçues qui prédisaient une nation qui sombrerait dans les horreurs de la violence physique et du chaos. Au contraire, l’électeur kenyan a finalement réussi à déchiffrer le code du vote raisonnable et objectif.

 Conclusion

Pour conclure, certains pays africains ont connu des changements significatifs en matière de comportement des électeurs et d’alphabétisation politique. L’Afrique doit progresser davantage pour parvenir à éclairer au maximum les électeurs. Si l’on se fie aux théories de la diffusion, des pays comme le Kenya, par exemple, joueront un rôle déterminant pour influencer le comportement et les modèles positifs des électeurs.

 

Traduit par: Babio  Chahbaye 

 

Moses Mathu

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