Mema de Daniel Mengara

De: FERGUS MCLANAGHAN


posted on: October 31st, 2018

Le narrateur débute Mema en se remémorant: “Ma mère était une femme forte. Je me souviens d’elle. Je me souviens de tout. Je me souviens de ses paroles, de son histoire, de sa vie, de ses douleurs, de ses tribulations et de ses joies. Je me souviens de tout comme si c’était hier”. Dès le début, le narrateur veut montrer au lecteur que la mère a une grande influence sur son enfant tout au long de sa vie.

Il se rend alors compte qu’il ne devrait pas dire que sa mère “était”, mais que sa mère “est”. “Parce que les relations de sang ne finissent jamais et ne peuvent jamais être brisées, on nous a tous dit, quand nous étions enfants, que nous ne pouvions utiliser que “c’est” quand nous parlions de liens de sang. Donc, je devrais probablement dire “est” quand je parle de ma mère à des étrangers”. Le rôle de la mère dans la famille est permanent. Son rôle est passé, présent et futur: « Mema ne peut pas mourir. Elle ne mourra jamais. Elle vivra pour toujours. Elle sera toujours avec moi, partout. Elle est avec moi”. De plus, “les enfants vont souvent voir les parents de leur mère lorsque les choses ne vont pas bien avec la famille de leur père”. Dès le début du livre, Daniel Mengara montre l’importance de la mère pour un enfant.

Dès le début du livre, le narrateur explique à quel point les histoires sont importantes: “Dans mon village, les bons orateurs avaient un conte pour chaque situation. Vous ne pouvez pas prétendre être un bon orateur si vous ne connaissez aucun conte”. De plus, les histoires sont “un moyen d’apprentissage. Ils permettent à l’enfant d’apprendre de la sagesse des anciens”. Raconter des histoires permet de transmettre le savoir des anciens aux jeunes générations. Le livre Mema exerce la même fonction parce que c’est une histoire qu’une mère raconte à son fils, le narrateur. Il dit que “l’histoire doit rester inédite, sans but, parce que ce n’est pas une histoire qui se raconte. C’est une histoire qui doit mourir dans l’oubli. Je ne peux cependant pas l’oublier. Je ne peux pas me permettre de l’oublier”. Il se dit néanmoin que même si “l’histoire de ma mère est triste”, il la respecte, elle et sa culture, donc il la raconte.

Mema est une femme exceptionnellement confiante. Elle essaie ouvertement de contrôler son mari. Parfois, elle essaie même d’interrompre les services religieux. Elle accompagne son mari malade consulter de nombreux médecins. Après nombreuses tentatives, elle se tourne vers la médecine mimbiri. Ses beaux-parents essaient de l’en empêcher mais elle insiste. À cause de cela, son mari meurt.

Son fils est amené à vivre avec le neveu de son défunt père dans la grande ville de Beyok. Il est battu et sa mère lui manque. Il dit: “Au début, je n’ai presque pas reconnu ma mère. J’étais parti trop longtemps, évidemment”. Un enfant ne devrait pas être séparé de sa mère. Les parents représentent la culture de l’enfant, alors rester loin d’eux, c’est perdre son identité. À la fin, sa mère le laisse vivre avec son cousin dans la ville parce car elle sait que cela lui permettra d’accéder à une meilleure éducation.

Le fils raconte l’histoire de Mema parce qu’il sait que « Quand tu as appris les valeurs de l’homme blanc, tu as oublié les tiennes. L’homme blanc a su vous faire oublier votre propre peuple et vos propres valeurs. C’était ce monde que j’entrais maintenant parce que je l’ai promis. Je lui ai promis que je le ferais. Et j’ai promis de ne pas l’oublier”. Il ne veut pas oublier son passé, et sa mère est son lien avec son passé. Écouter des histoires et lire des livres sont très important pour la même raison. Quand les écrivains africains écrivent à propos leur vie, ils contribuent à la préservation de leur culture. Lire leurs écrits aide également à préserver la culture.

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